RDC : quel poids a la diplomatie sur le terrain du conflit ?
28 novembre 2025
Les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, doivent signer jeudi prochain (4.12) à Washington l'accord de paix que leurs pays ont entériné le 27 juin dernier, afin de stopper le conflit en cours dans l'est de la République démocratique du Congo.
Une rencontre prévue, alors que, sur le terrain, il n'y a pas d'amélioration. Aucune des deux parties n'a satisfait, jusque-là, aux exigences de l'autre. Et la RDC et le Rwanda continuent de s'accuser mutuellement de bloquer le processus de paix. Certains analystes doutent donc de l'impact d'une éventuelle signature jeudi prochain.
Accusations mutuelles
Ce jeudi (27.11) encore, le président Paul Kagame a accusé les autorités congolaises de retarder la signature de l'accord de Washington, Kinshasa a vite réagi. Patrick Muyaya, le ministre congolais de la Communication, souligne qu'il est temps, pour chacune des parties, de faire le point sur les avancées dans ses engagements.
"Nous l'attendons sur le terrain du respect de ses engagements par rapport au processus diplomatique dans lequel nous sommes engagés, explique le ministre. Hier je me disais que nous aurons l'occasion de revenir dans les prochains jours pour faire le point de qui s'est acquitté de ce qu'il devait faire pour que la paix revienne dans cette partie du territoire et pour que nous puissions permettre à nos populations de vaquer librement à leurs occupations."
Parmi les documents à signer figure également l'accord-cadre d'intégration économique. C'est ce qu'a indiqué à la Deutsche Welle, Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères qui en a souligné l'importance. Ce cadre parle d'investissements conjoints entre le Rwanda et la RDC dans différents secteurs économiques.
L'impact sur le terrain risque d'être minimal
Mais du côté congolais il y a encore des réticences. Selon certains analystes, l'accord est plutôt favorable au Rwanda.
Le professeur Bob Kabamba, enseignant de sciences politiques à l'université de Liège, en Belgique, résume les points de divergence entre les deux pays : "D'une part, il y a le fait que le Congo veut conditionner la suite du programme de mise en œuvre de Washington par le retrait des mesures défensives du Rwanda. Du côté rwandais, eux, disent qu'il est impératif que le Congo neutralise les FDLR pour que le Rwanda puisse arriver à retirer ses forces défensives. Rien que pour cette étape, on n'est encore nulle part. Sur le terrain, on ne voit aucun signe d'amélioration de la situation. Même si on peut signer à Washington, ce qu'on va signer n'aura aucun impact sur le reste du processus de conflit sur le terrain."
Pendant ce temps, les rebelles de l'AFC-M23 soutenus par le Rwanda continuent d'étendre leur zone d'influence dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.