Renouveau des relations entre Alger et Bamako
15 septembre 2026
Le Premier ministre algérien était surtout porteur d’un message du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, à l’endroit du général Assimi Goïta, le président de la transition malienne, qui l’a reçu au palais de Koulouba. Sécurisation des frontières, renforcement des échanges commerciaux ou encore diplomatie du bon voisinage… Tels étaient les thèmes de cette visite, une première pour un premier ministre algérien au Mali depuis 2016.
C’est sur invitation du général que Sifi Ghrieb s’est rendu à Bamako, pour tenter de réaffirmer le renouveau dans les relations bilatérales entre Bamako et Alger qui avaient été mises à mal au cours des derniers mois.
Les deux voisins, ayant en commun une frontière commune de plus de 1 300 kilomètres, semblent bien partis pour, notamment, mieux lutter contre le terrorisme qui mine le Mali et le Sahel depuis plus d’une décennie.
La question était d’ailleurs au centre de la réunion de travail qui a eu lieu entre les parties malienne et algérienne.
Selon Mohamed Mamata Touré d’Anko Mali, une organisation de l’ex-société civile malienne, le Mali et l’Algérie doivent désormais mettre à profit ce réchauffement.
"Il faut mettre en place un cadre permanent de concertation politique." Il s’agira aussi de sécuriser conjointement les zones frontalières, ou encore de relancer les projets économiques d’intérêt commun. C’est sous cet angle que je place cette visite conjointe du côté malien, comme du côté algérien. Nous souhaitons que cette entente puisse perdurer et qu’elle soit finalement un moyen pour mettre fin à la crise sécuritaire qui frappe le Sahel depuis plusieurs années", explique-t-il.
Faire du Sahel une région prospère
Au cours des échanges, les deux chefs de gouvernement ont soutenu l’idée de faire de la région du Sahel une région prospère, sécurisée et débarrassée "de toute forme d’hégémonie, de terrorisme et de néocolonialisme".
Pour Abdina Karembé, leader d’opinion, en plus de l’Algérie, le Mali doit normaliser voire renforcer ses liens de coopération avec tous ses voisins.
Il estime que "c’est une très bonne chose le dégel entre le Mali et l’Algérie. Il sera très intéressant et judicieux d’avoir la même approche avec tous nos voisins et notamment deux voisins de la sous-région, qui sont des pays limitrophes, à savoir la Côte d’Ivoire et la Mauritanie. C’est ce que nous avons toujours demandé, qu’il y ait un dégel entre le Mali et ses voisins. Aujourd’hui, en empruntant cette voie, nous ne pouvons que nous rassurer, nous réjouir et en même temps féliciter les autorités de la transition malienne".
Après plus d’un an de brouille, Bamako et Alger semblent désormais sur le point de retracer les lignes d’une coopération rénovée, basée sur la souveraineté nationale de chaque pays ou encore le respect mutuel.