Revers cuisant pour le SPD
22 mai 2005
Le chef du SPD, Franz Müntefering, a aussitôt réagi en annonçant que le chancelier et lui-même étaient convenus de demander des élections législatives dès cet automne. Les prochaines législatives sont en principe prévues l'an prochain.
Les résultats, s'ils se confirment, pourraient réduire les chances de Schröder de décrocher un troisième mandat et devraient pousser le SPD à se positionner plus à gauche afin de tenter de reconquérir son électorat traditionnel. "La déception est énorme", a confié à la télévision Edgar Moron, chef du groupe parlementaire SPD en NRW. "Nous ne nous attendions pas du tout à ceci. La tendance est claire. Le SPD a
perdu les électiosn. Nous irons dans l'opposition et nous nous regrouperons".
La NRW, Land le plus peuplé d'Allemagne avec 13 millions d'électeurs, est le seul à être dirigé, comme le gouvernement fédéral, par une coalition rouge-verte. Coeur industriel et moteur économique de la reconstruction allemande après-guerre, la NRW a beaucoup souffert ces vingt dernières années du déclin des aciéries et des mines de charbon. Aujourd'hui, plus d'un million de chômeurs sur les cinq que
compte le pays vit dans ce Land et, avec 12,1%, le taux de chômage y est le plus élevé de tous les Länder de l'Ouest, à l'exception de Brême.
De nombreux électeurs de la classe ouvrière, fidèles au SPD depuis près de quarante ans, avaient prévenu qu'ils n'iraient pas voter ce dimanche pour protester contre les réformes du gouvernement Schröder, qui portent notamment sur la éduction des allocations chômage. Des sondages sortie des urnes créditent les Vert de 6% des suffrages, contre 6,1% pour les libéraux du FDP, partenaires
potentiels de la CDU. La CDU et le FDP recueilleraient ainsi ensemble 50,9% contre
43,6% pour l'alliance SPD/Verts. De tels résultats devraient permettre à Angela Merkel, lachef de file des conservateurs, d'asseoir sa domination sur le parti et ses nombreux concurrents à un peu plus d'un an d'un scrutin fédéral qui pourrait faire d'elle la première femme chancelier.
En revanche, ce revers est de mauvais augure pour l'avenir de la coopération SPD/Verts, qui bat déjà de l'aile au niveau fédéral. A l'intérieur même du SPD, il pourrait aussi être lourd de conséquences. L'aile gauche du parti, opposée aux réformes de Schröder en matière sociale, réclame le retour à une politique plus
favorable aux travailleurs. Un coup de barre à gauche pourrait se traduire par un
remaniement gouvernemental dont les ministres de l'Economie, Wolfgang Clement, et des Finances, Hans Eichel, pourraient faire les frais. Schröder pourrait aussi être contraint d'abandonner son projet de réduction de l'impôt sur les sociétés de 25 à 19%, une initiative destinée à relancer la croissance, mais à laquelle la auche est vivement opposée.
L'aile gauche pourrait aussi tenter d'imposer une extension du salaire minimum à tous les secteur de l'économie et un renforcement du contrôle sur les fonds spéculatifs. Müntefering a donné le ton ces dernières semaines en
critiquant le capitalisme dur.