Risque terroriste au Sahel : la France préoccupée
24 avril 2026
Après une rencontre avec son homologue togolais, Robert Dussey, le ministre français des Affaires étrangères, , a exprimé les préoccupations de la France concernant le "risque terroriste" en Afrique de l'Ouest.
Il a souligné que cette préoccupation était également partagée avec le Togo. Jean-Noël Barrot a aussi reconnu la position centrale de Lomé dans la région du Sahel, dans le contexte de la lutte contre le djihadisme.
Ferdinand Ayité, un journaliste togolais, pense que les différentes médiations des autorités de son pays sont motivées avant tout par des intérêts économiques.
"Vous vous rappelez la crise liée au transport de l'uranium ? Le Togo s'est présenté comme l'intermédiaire, tout en jouant aussi dans l'ombre sa propre carte pour la vente de l'uranium du Niger à la Russie. Parce que le Togo sait que lorsque cette situation va être débloquée, l'uranium va passer par le port de Lomé et il en tirera un grand profit. Et tout ça est lié aux intérêts de politique intérieure du Togo et à son positionnement par rapport à la scène régionale" affirme-t-il.
Approche pragmatique de l'UE...
Quant à l'expert Allemand, Ulf Laessing, il souligne que malgré la dégradation des liens entre la France et les pays de l'AES, l'Union européenne est contrainte d'adopter une approche pragmatique.
Ulf Laessing estime que "l'Union européenne va essayer d'améliorer ses relations avec les pays de l'AES. Il y a toujours l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne qui sont actifs au Mali, ou dans d'autres pays du Sahel. Concernant la France, je crois que ça va prendre du temps. Mais l'Europe a intérêt à stabiliser le Sahel, malgré tous les problèmes politiques, parce qu'on n'a pas intérêt que les djihadistes déstabilisent les pays du Sahel. Et c'est la raison pour laquelle les autres membres de l'Union européenne vont prendre des mesures, afin de reprendre des relations avec les pays de l'AES", ajoute l'expert Allemand.
...et réalisme des pays de l'AES
Selon Ferdinand Ayité, les pays de l'AES ne peuvent également pas continuer éternellement à vivre en autarcie.
"On voit bien les difficultés que rencontrent aujourd'hui ces pays, quatre ans ou cinq ans après (les putschs). La question de la sécurité n'est pas réglée. Les difficultés financières sont là et il y a les dérives sur le plan des droits de l'Homme, de la liberté aussi, la dissolution des associations. On assiste quand même à une dérive totalement autoritaire de ces pays, avec une volonté de conservation du pouvoir. Et on voit aussi que la propagande est en train de s'effriter."
Le Togo maintient d'excellentes relations avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES), ainsi qu'avec la France.
Lomé a également récemment renforcé ses liens avec la Russie. Le 7 octobre 2025, un accord de coopération militaire avec Moscou a été adopté par le Parlement togolais.
Cet accord, conclu début 2025 renforce le partenariat sécuritaire entre les deux pays, en incluant la formation, la vente d'armes, l'assistance technique et des échanges d'informations, marquant un tournant stratégique majeur pour Lomé.