Des centaines de morts présumés sur le site minier de Rubaya
2 février 2026En République démocratique du Congo, un éboulement s'est produit sur le site minier de Rubaya, situé à 70 km environ à l'ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. La zone de Rubaya est difficile d'accès, mal connectée et sous contrôle des rebelles du M23.
L'accident s'est passé mardi dernier (27.02), mais les informations n'ont commencé à nous parvenir qu'en fin de semaine dernière. Le bilan provisoire ferait état de près de 400 morts, d'après un responsable de la société civile cité par l'agence de presse Lusa. Un chiffre qui pourrait encore s'alourdir.
Des tunnels longs de plusieurs dizaines de mètres
Pour revenir sur ce qui s'est passé à Rubaya, la DW a joint Ruth Alonga, correspondante à Goma.
Elle rappelle tout d'abord qu'à Rubaya, "il y a beaucoup de sites miniers et l'extraction se fait onshore. Les mineurs creusent des tunnels dans le sol argileux pour l'extraction des matières, et les tunnels sont très longs et dépassent souvent les 30 mètres. Un seul tunnel peut contenir des centaines de personnes".
Le bilan, évalué à plusieurs centaines de morts, ne cesse de s'alourdir tous les jours. Selon Ruth Alonga, "les corps extraits des décombres sont aussitôt mis en terre soit par les membres de famille ou soit par les collègues mineurs. Mais pour l'instant, il est difficile de savoir le nombre exact de victimes et combien de personnes sont descendus dans chaque trou".
Une mine 100 % artisanale
La mine de Rubaya est une mine à 100 % artisanale et les tunnels sont creusés à la main. "Tout est fait à la main, de l'extraction à la mise en vente en passant par le lavage des matières", explique notre correspondante. Elle a constaté que "les contrôles ainsi que les régulations se font par les creuseurs eux-même. Les contrats de travail sont verbaux parce que la plupart des creuseurs sont des journaliers. Ils reçoivent en moyenne 5 dollars par jour. Au-delà de cela, les miniers sont exposés à la toxicité des matières extraites".
Un site à Rubaya serait surnommé "la morgue". Ruth Alonga précise que ce site "se trouve sur une pente très glissante, et la survie quotidienne des creuseurs est un miracle".