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SociétéRussie

Vers une disparition de l'usine à trolls russe IRA?

12 juillet 2023

L'échec de la mutinerie d'Evguéni Prigojine soulève des questions au sujet de l'avenir de son usine à trolls IRA.

Image symbolique de fake news
L'avenir de l'agence de recherche d'internet IRA, plus connu sous le nom d'usine à trolls, est incertainImage : Andre M. Chang/Zumapress/picture alliance

Fin juin, les publications du groupe Patriot d'Evguéni Prigojine ont annoncé qu'elles cessaient leurs activités médiatiques. Pour l'agence de recherche d'internet IRA, plus connu sous le nom d'usine à trolls, l'avenir est également incertain. Créée par Evguéni Prigojine en 2013, elle sert apparament à "sécuriser l'espace information russe". En réalité, les "mercenaires d'Internet" font l'éloge du Kremlin dans des publications en ligne. Mais ils propagent aussi de la haine et de la désinformation contre les opposants, comme Alexeï Navalny, selon les informations d'Evguéni Zoubarev, qui appartient au groupe média Patriot.

Des dizaines de milliers de messages trolls

D'après le centre d'investigation Dossier, l'agence est passée en 2023 à 400 employés et dispose d'un budget total de 100 millions de roubles - l'équivalent d'un million d'euros. Elle serait en mesure de diffuser des dizaines de milliers de messages par jour. Les effets de la désinformation se répercutent également au niveau international, notamment pendant les élections présidentielles aux Etats-Unis en 2016. Elles se retrouvent aussi en Afrique avec des campagnes de propagande orchestrées, en ayant recours à des médias locaux, en Centrafrique, au Mali et au Burkina Faso.

Les effets de la désinformation se répercutent également au niveau international, notamment pendant les élections présidentielles aux Etats-Unis en 2016Image : Scott Olson/Getty Images

Fin de la fameuse "usine à trolls" en Russie ?

La fermeture de l'agence IRA reste incertaine. D'après le projet "Piège du chef", traqueur des trolls russes sur internet, la désinformation par l'agence continue, alors que de nombreux médias annoncent que l'usine à trolls serait fermée depuis le 24 juin.

Le média en ligne russe indépendant The Bell, qui diffuse depuis l'étranger, rapporte que c'est Evguéni Prigojine lui-même qui aurait dissous son empire médiatique. Cependant, le travail de l'agence sur les réseaux sociaux continue, selon l'expert " Bot Blocker" qui préfère garder l'anonymat et précise qu'il n'y aurait pas eu "d'interruption ou d'affaiblissement significatif ces derniers jours."

Evguéni Prigojine et Vladimir Poutine Image : Uncredited/Alexei Druzhinin/dpa/Pool Sputnik Kremlin/AP/picture alliance

Pas de levée d'alerte non plus d'ailleurs par l'Union Européenne. Le porte-parole de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Peter Stano, estime qu'un jugement définitif sur l'évolution de la désinformation russe serait prématuré. D’après lui, le Kremlin continuera à essayer d'utiliser la désinformation avec tous les différents moyens possibles, comme il le ferait depuis des années.

Cependant, le site d'information indépendant The Bell signale que le Kremlin est à la recherche d'un nouveau propriétaire pour l'usine à trolls d'Evguéni Prigojine. Les médias devraient être placés sous le contrôle du Groupe médiatique national de Youri Kovaltchouk. Il est considéré comme un ami proche du président russe.

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