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Les Kouriles, pomme de discorde entre Moscou et Tokyo

Anna Tschöpe | Carole Assignon | Avec agences
14 août 2026

Les quatre îles au nord du Japon sont revendiquées par Moscou et Tokyo.Le Japon les appelle les Territoires du Nord.

Vue aérienne de la ville de Kurislk sur l'île d'Itouroup.
Vue aérienne de la ville de Kurislk sur l'île d'Itouroup.Image : Sergei Krasnoukhov/TASS/picture alliance

Les îles Kouriles sont un archipel d'îles volcaniques alignées sur 1 176 km entre le cap Nosappu  et le cap Lopatka. Les îles se trouvent en totalité en mer d'Okhotsk et leurs rivages méridionaux constituent la limite entre l'océan Pacifique au sud-est et la mer d'Okhotsk au nord-ouest.

Au cours de l'histoire, l'archipel a été sporadiquement fréquenté par des marchands, chasseurs, trappeurs et pêcheurs d'origines diverses y compris ouest-européennes depuis 1643. Puis il a commencé à être revendiqué par des Etats à partir du XVIIe siècle, puis a changé plusieurs fois de statut ; il est aujourd'hui rattaché à la Russie, mais les îles les plus méridionales sont revendiquées par le Japon.

La visite qui fait polémique

C'est un voyage de Vladimir Poutine qui a ravivé une vieille querelle diplomatique avec le Japon.Le président russe s'est rendu sur une île de l'archipel des Kouriles provoquant une vive réaction de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi. Selon elle "cette visite (...) heurte les sentiments du peuple japonais, elle est absolument inacceptable."

Au lendemain d'un passage sur l'île de Sakhaline, également en Extrême-orient, Vladimir Poutine s'est rendu jeudi à Itouroup, l'une des quatre îles disputées dans le sud des Kouriles, où il a visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.
A Sakhaline, il a présidé une réunion "sur la garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie", d'après l'agence de presse RIA Novosti.
Il s'agit de la première visite d'un président russe sur ce territoire depuis celle en 2010 de Dmitri Medvedev, qui avait alors été le premier dirigeant russe à s'y rendre, suscitant à l'époque déjà la colère du Japon.
"C'est le Japon qui a des revendications territoriales contre notre pays – je fais référence à la question des îles Kouriles. Cependant, cela a été inscrit dans des documents internationaux comme une réalité de l'après-Seconde Guerre mondiale" a déclaré Vladimir Poutine.

Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de quatre de ces îles dont s'est emparée l'armée soviétique en 1945, dans les derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale.

La Russie et le Japon peinent à s'entendre au sujet des Kouriles.Image : Press Office of Sakhalin Region Governor/TASS/picture alliance

Un dialogue pour une éventuelle restitution au point mort

Jeffrey Hall, Maître de conférences en études japonaises ne pense pas que "le dialogue reprenne de sitôt". Selon lui, "maintenant que Poutine s'est rendu sur les îles pour la première fois, cela envoie un signal très clair : quels que soient les efforts de dialogue, la Russie ne restituera jamais ces îles tant qu'il sera au pouvoir."

 Depuis 1945, Tokyo invoque le traité de 1855 par lequel la Russie tsariste et le Japon ont fixé leur frontière, juste au-delà des quatre îles disputées. La Russie, quant à elle, se retranche derrière la conférence de Yalta de février 1945 au cours de laquelle les Alliés ont convenu que les Kouriles seraient cédées à l'URSS en échange de son entrée en guerre contre le Japon.
Ce contentieux empêche les deux pays de conclure un traité de paix officiel et donc de régler cette question.
Environ 20.000 citoyens russes vivent dans les Kouriles, un archipel au climat rigoureux mais qui possède des gisements notamment d'or et d'argent ainsi que de riches zones de pêche et qui a acquis une importance stratégique au moment de la Guerre froide.

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