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PolitiqueRussie

La Russie prête à "compenser" le déficit énergétique chinois

Ali Farhat avec agences
15 avril 2026

C'est ce qu'a déclaré Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie russe est à Pékin, en même temps que d'autres leaders étrangers, et a été reçu par Xi Jinping.

Xi Jinping et Serguei Lavrov
Xi Jinping a reçu Serguei Lavrov, le chef de la diplomatie russe, dans un contexte tendu dans la région suite au blocage du trafic maritime dans le détroit d'OrmuzImage : China Daily/REUTERS

Signe d'une intense activité diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, reçu ce mercredi (15.04.2026) par le président Xi Jinping, se trouve à Pékin en même temps qu'une série d'autres leaders étrangers. Juste avant, Xi Jinping a reçu son homologue vietnamien To Lam, dont le pays subit les contrecoups économiques de la guerre en Iran.

La veille, le président chinois s'était entretenu avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, l'une des principales voix occidentales opposées au conflit, et le prince héritier d'Abou Dhabi, Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane, dont le territoire était visé ces dernières semaines par des frappes iraniennes.

Tous sont concernés à des titres divers par les retombées du conflit, lancé par les Etats-Unis et Israëlcontre l'Iran.

Xi Jinping a reçu le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, l'une des rares voix européennes à s'opposer frontalement à Donald TrumpImage : Spanish Government/Handout/REUTERS

La Chine tient (encore) le coup

Pékin suit de près le conflit au Moyen-Orient, qui impacte ses approvisionnements en pétrole. Il faut dire que l'Iran envoyait au géant asiatique plus de 80% de ses exportations de brut avant la guerre, selon la société d'analyse Kpler.

Par ailleurs, plus de la moitié des importations chinoises de pétrole transporté par voie maritime provenait de la région, d'après Kpler.

Or le trafic maritime est fortement perturbé en raison du conflit et le nouveau blocus des ports iraniens lancé par les Etats-Unis, que Pékin a jugé ce mardi (14.04.2026) "dangereux et irresponsable", n'arrange rien.

"La Russie peut sans aucun doute compenser le déficit de ressources qui est apparu, aussi bien pour la République populaire de Chine que pour tous les pays désireux de travailler avec nous d'une manière équitable et mutuellement bénéfique", a déclaré Sergueï Lavrov, cité par les agences de presse russe.

Depuis le 1er mars 2026, la circulation des bateaux est devenue compliquée sur le détroit d'OrmuzImage : Giuseppe Cacace/AFP

La Chine parvient pour l'heure à amortir le choc énergétique grâce à ses stocks et à la diversification de ses approvisionnements, selon des analystes. Mais la donne pourrait changer si le conflit dure.

Le chef de la diplomatie russe a assuré que les relations de la Russie et de la Chine "demeurent inébranlables face à toutes les tempêtes".

"Confrontées à des changements sans précédent depuis un siècle, la Chine et la Russie doivent renforcer leur coopération stratégique afin de sauvegarder fermement leurs intérêts légitimes", a déclaré Xi Jinping selon les médias d'Etat chinois, alors qu'il était resté silencieux en public sur la guerre jusqu'à mardi.

"Elles doivent tirer pleinement parti de leurs atouts de voisinage et de complémentarité", a-t-il ajouté.

Xi Jinping va successivement recevoir Donald Trump et Vladimir Poutine

Chine et Russie souhaitent "probablement explorer les possibilités de dialogue avec l'Iran sans aggraver la situation" mais leurs intérêts économiques peuvent diverger, selon Ja Ian Chong, professeur à l'Université Nationale de Singapour.

"La flambée des prix de l'énergie et la levée temporaire (par les Etats-Unis) des sanctions sur le pétrole et le gaz russes profitent à l'économie et à l'appareil militaire russes, alimentant ainsi son agression en Ukraine", note-t-il.

Mais côté chinois, cette hausse des cours, "conjuguée aux perturbations des approvisionnements en engrais, en hélium et en aluminium, pèse sur l'économie", observe-t-il.

Un rôle important a été attribué à la diplomatie chinoise dans le cessez-le-feu actuel entre l'Iran et les Etats-Unis.

La Russie et la Chine partagent très souvent les mêmes opinions au sein du Conseil de sécurité de l'ONUImage : Sergei Bobylev/TASS/ZUMA/picture alliance

Mais la Chine n'a offert pour l'heure qu'un soutien mesuré à l'Iran, ne souhaitant pas s'aliéner les pays du Golfe, avec lesquels elle a fortement renforcé ses relations durant la décennie écoulée.

Le président chinois Xi Jinping pourrait ainsi recevoir successivement dans les prochaines semaines son homologue américain Donald Trump, annoncé mi-mai, puis Vladimir Poutine, dans une période de fortes tensions géostratégiques.

Pays voisins et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine et la Russie ont d'étroites relations diplomatiques et économiques. Ils sont des partenaires de l'Iran et des rivaux des Etats-Unis.

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