Washington maintient une coopération sécuritaire avec l'AES
26 janvier 2026
Les Etats-Unis poursuivent leur coopération en matière de sécurité avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, aujourd'hui dirigés par des autorités militaires arrivées au pouvoir par un putsch. C'est ce qu'a indiqué le général John Brennan, commandant adjoint de l'Africom.
"Nous collaborons toujours. Nous avons même partagé des informations avec certains d'entre eux, afin de frapper des cibles terroristes clés, mais la situation est très différente de ce qu'elle était il y a seulement deux ou trois ans", a ainsi déclaré John Brennan.
"Nous essayons de travailler avec eux pour les rassurer sur nos intentions de les aider, mais il existe manifestement d'autres acteurs concurrents qui leur soufflent à l'oreille des informations erronées et de la désinformation sur nos intentions. Nous tentons donc de percer ce réseau", a-t-il ajouté.
Selon des experts, cette posture "pragmatique" de Washington est dictée par la lutte antiterroriste, mais elle interroge la cohérence de la politique américaine face aux régimes issus de putschs.
"Les États-Unis ont beaucoup d'intérêt dans la zone"
Pour Abdoulmoumouni Abbas, chercheur sur la prévention de la radicalisation et l'extrémisme violent au Sahel et au Lac Tchad, l'intérêt américain pour les trois pays du Sahel va au-delà de la lutte contre le terrorisme.
"Les États-Unis ont beaucoup d'intérêts dans la zone et d'ailleurs, ce qui a justifié leur présence par moment à Agadez, c'est effectivement pour lutter contre le trafic de drogues, la criminalité transfrontalière, le terrorisme, les questions d'immigration… Et ce sont des questions qui se développent, surtout la criminalité transfrontalière organisée", affirme Abdoulmoumouni Abbas.
Depuis plusieurs mois, l'armée américaine renforce ses livraisons de matériel et le partage de renseignements avec le Nigeria, dans le cadre d'une stratégie visant à traquer les djihadistes de l'État islamique.
Mais dans le même temps, le chef adjoint de l'Africom a tenu à préciser que Washington ne cherchait pas à remplacer ses bases au Niger, après le départ forcé des troupes américaines décidé par les autorités militaires.
Un message destiné à rassurer les opinions publiques de la région.