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Le Sénégal défend ses langues

Saikou Seydi
3 juillet 2026

A Dakar, la conférence Yidan Prize 2026 a permis de réfléchir sur l'enseignement des langues nationales au Sénégal.

Senegal | Des enfants réunis autour d'un Coran dans une madrasa de Dakar (archive de 2013)
L'enseignement au Sénégal ne se fait plus uniquement en françaisImage : Rebecca Blackwell/AP/picture alliance

La conférence Yidan Prize 2026 s'est tenue à Dakar cette semaine. Il s'agit d'un rendez-vous d'échanges pour les acteurs nationaux et internationaux de l'éducation. Pour le Sénégal, cette rencontre est l'occasion de mettre en valeur son modèle d'enseignement dans les langues nationales. 

Cette langue dite "maternelle"

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Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l'Éducation nationale du Sénégal, est fier du Modèle Harmonisé d'Enseignement Bilingue, le Mohebs, lancé en 2019 au Sénégal :  « Les langues nationales sont extrêmement importantes. Elles permettent d'assurer une meilleure performance pour les enfants. Elles favorisent l'inclusion, l'accès et la possibilité pour tout Sénégalais de participer à l'effort de développement. »

Le nouveau gouvernement entend aujourd'hui en faire un modèle de performance.

Formation et codification : les deux défis majeurs

Selon les chiffres officiels, huit langues ont déjà été intégrées au programme. Mais des obstacles demeurent. Mor Diakhaté, directeur exécutif de l'ONG Alphabétiser pour un Développement Durable, plaide pour une meilleure sensibilisation des parents et des familles.

« Il y a le choix des langues dans chaque localité, la formation des enseignants dans ces langues, explique-t-il. Ce sont tous des défis à relever. Il y a aussi la codification des langues. Et il faut mener un travail de communication auprès des parents pour qu'ils ne pensent pas qu'on est en train d'apprendre à leurs enfants une autre langue. Il y a donc un travail à faire en amont ».

Les langues maternelles : une richesse, une identité

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Créativité et innovation en langues nationales 

Au-delà de l'apprentissage, Albert Nsengiyumva, directeur de l'Association pour la recherche et l'éducation pour le développement, insiste sur la nécessité d'outiller les élèves pour innover. Il déclare : 

«Si nous investissons dans les langues nationales, il faut surtout donner aux jeunes des connaissances d'ordre social et émotionnel. Mais ce qu'on attend le plus, c'est la créativité et l'innovation. Le plus important, ce n'est pas seulement savoir lire et écrire, mais savoir innover et créer en utilisant les langues nationales. »

Au Sénégal, l'enseignement se fait majoritairement en français. Dans les universités, les départements de langues tentent tant bien que mal d'intégrer les langues nationales. L'État veut désormais les introduire dès l'école élémentaire pour permettre aux jeunes de mieux maîtriser leur langue et, par extension, leur culture.

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