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Sénégal : la répression anti-LGBT+ pousse à l’exil

16 avril 2026

Au Sénégal, une première condamnation liée à la loi anti-LGBT+ accroît la peur. Arrestations et pressions poussent de plus en plus de personnes à fuir.

Palais de justice du Sénégal, à Dakar
Selon l'ONU, la nouvelle législation réprimant l'homosexualité au Sénégal "bafoue" les droits humainsImage : Seyllou/AFP/Getty Images

Pour Assane, un nom d'emprunt, « Fuir n'est pas une joie » mais au moins il reste en vie.

"J'ai quitté le pays à cause de mon orientation sexuelle que mon père avait découverte, raison pour laquelle j'ai eu des menaces et là j'ai dû prendre la fuite pour venir ici en France", dit-il.

Comme Assane, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter le Sénégal. Ce trentenaire a fui ce qu'il qualifie de menaces de mort, rejet familial… puis la stigmatisation dans son quartier.

Dans ce pays majoritairement musulman et très conservateur, l'homosexualité reste largement perçue comme une déviance, souvent présentée comme une influence occidentale.

Vendredi 10 avril, un homme de 24 ans a été condamné à six ans de prison ferme et deux millions de francs CFA d'amende par un tribunal en banlieue de Dakar.

Il s'agit de la première application d'un texte promulgué le mois dernier qui double les peines encourues, portées désormais à dix ans maximum.

"Pour eux la seule solution c'est de quitter le pays"

L'homosexualité est largement considérée comme une déviance au Sénégal et le durcissement de sa répression est une promesse de longue date du camp au pouvoir, porteuse politiquement dans ce paysImage : Ben Curtis/AP Photo/picture alliance

Selon plusieurs ONG, cette décision s'inscrit dans un climat déjà marqué par des arrestations régulières. Certaines personnes interpellées voient même leurs téléphones fouillés, permettant d'identifier d'autres suspects. Résultat : la peur s'installe.

Beaucoup n'osent plus sortir, travailler, ni même accéder à des soins essentiels, comme les traitements contre le VIH, affirme Larissa Kojoué, chercheuse à l'ONG, Human Rights Watch.

"La plupart de gens que je connais pour eux la seule solution c'est de quitter le pays, parce que même en famille on ne se sent pas en sécurité. J'ai eu des demandes d'aide pour quitter le pays, j'ai eu des questions au sujet de visas humanitaires. Je connais des personnes qui ont dû partir en catastrophe par crainte pour leur sécurité", déplore Kajoué. 

Face à cette situation, des lignes d'écoute internationales reçoivent de plus en plus d'appels. La majorité des demandeurs cherchent une seule chose : partir.

Mais fuir reste difficile. Certains, comme un ami d'Assane, vivent cachés, insultés, harcelés, sans moyens de quitter le pays. "La seule solution, c'est de partir pour rester en vie", estime-t-il.

Plus de la moitié des pays africains interdisent et répriment l'homosexualité. La peine de mort est encourue en Ouganda, en Mauritanie ou en Somalie.

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