1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Situation humanitaire critique à Gaza

Anne Le Touzé6 septembre 2006

La guerre au Liban a occulté le sort des Palestiniens dans la bande de Gaza. Pourtant, la situation humanitaire y est de plus en plus critique, surtout depuis que les contributeurs internationaux ont bloqué leurs aides financières. Certains voient même en Gaza une bombe à retardement.

Un fermier palestinien verse les dernières gouttes d'essence dans le générateur qui active le système d'irrigation de ses plantations. C'était en mai dernier.
Un fermier palestinien verse les dernières gouttes d'essence dans le générateur qui active le système d'irrigation de ses plantations. C'était en mai dernier.Image : AP

Cela faisait six ans que Maskit Bendel et ses collègues de l’organisation israélienne Physicians for Human Rights n’avaient pas été autorisés à se rendre de l’autre côté de la frontière. A Gaza, l’équipe de médecins a pu constater par elle-même l’ampleur de la catastrophe. Maskit Bendel : « Nous avons été choqués par la situation dans la bande de Gaza, la pauvreté, le délabrement et bien sûr le désespoir de la population qui vit dans des conditions extrêmement difficiles depuis déjà si longtemps. Personnellement, je suis surprise que le système fonctionne encore – car il fonctionne – dans des conditions qui sont tout bonnement incroyables. »

Mais pour combien de temps encore ? Le gel des versements internationaux à l’Autorité palestinienne suite à l’élection du Hamas en janvier dernier, a porté un coup fatal à un système qui survivait déjà difficilement. Certains fonctionnaires n’ont pas reçu de salaire depuis le mois de mars. La fermeture des frontières avec Israël et aujourd’hui l’Egypte font des territoires palestiniens une sorte de ghetto à grande échelle. Maskit Bendel regrette que l’on oublie la population palestinienne : « Pour des sujets importants comme le transfert de fonds à l’autorité palestinienne, il y a un débat au sein de la communauté internationale. En revanche, il n’y a pas assez de débats sur la situation sanitaire et sociale dans les territoires occupés, et cela nous inquiète beaucoup. »

Pendant que les regards étaient tournés vers le Liban, les bombardements ont redoublé sur la bande de Gaza. Selon Maskit Bendel, la population a énormément souffert ces deux derniers mois. Une raison supplémentaire pour elle de critiquer son gouvernement : « Ce qu’Israël fait en notre nom est inacceptable pour moi et pour de nombreuses autres personnes, et nous essayons de faire entendre notre voix. Mais c’est difficile dans le contexte de la société israélienne actuelle. »

Avec cinq autres organisations humanitaires, Physicians for Human Rights a déposé une plainte devant la Haute Cour israélienne de justice pour exiger la réouverture des frontières, afin de permettre le passage de nourriture, fournitures médicales, essence et autres produits de première nécessité. Mais leurs attentes sont plus grandes : « D’abord nous voulons la fin de l’occupation. Nous voulons mettre un terme aux hostilités envers les Palestiniens et nous voulons la réouverture complète des frontières. Et bien sûr, nous souhaitons voir le gouvernement israélien entamer des négociations avec l’autorité palestinienne, car il n’y a pas d’autre moyen ! C’est le seul moyen pour envisager un quelconque changement. »

Maskit Bendel est consciente que le chemin est encore long, mais elle espère que de plus en plus de voix israéliennes s’élèveront pour réclamer une coexistence pacifique avec les Palestiniens.

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW