Mamadou Diop, directeur pays d’Action contre la faim au Mali, dresse un tableau alarmant de la situation humanitaire. Plus de six millions de Maliens, soit environ un quart de la population, ont besoin d’aide humanitaire, principalement à cause des conflits armés, des déplacements forcés, de l’insécurité alimentaire et des effets du changement climatique.
Les populations les plus vulnérables sont les personnes déplacées, en particulier les femmes et les enfants, dont près de 1,6 million risquent de souffrir de malnutrition si les réponses humanitaires ne sont pas suffisamment financées et adaptées.
Blocus djihadistes
L’accès à l’aide reste difficile dans de nombreuses zones en raison des blocus et de l’insécurité; ce qui amène les ONG à travailler étroitement avec les communautés locales pour acheminer l’assistance et cibler les plus vulnérables. La crise, autrefois aiguë, est devenue chronique, nécessitant une approche plus durable qui combine urgence et renforcement de l’autonomie des populations.
Action contre la faim mise ainsi sur une approche territoriale et participative, le développement de solutions locales (énergies renouvelables, cultures résistantes, réserves alimentaires régionales) et la prévention des "urgences invisibles" comme le manque d’eau, les maladies hydriques et les carences structurelles. Cependant, l’un des principaux défis demeure le financement, dans un contexte mondial marqué par des crises internationales qui aggravent les vulnérabilités locales.
