Allemagne : Friedrich Merz n'a jamais été aussi impopulaire
3 avril 2026
Les deux premières élections régionales de l'année sont terminées en Allemagne et l'activité reprend déjà au sein du gouvernement fédéral. Pendant des semaines, la coalition conservatrice CDU/CSU et les sociaux-démocrates (SPD) ont gouverné avec des moyens réduits, par crainte de s'aliéner les électeurs des Etats-régions du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat. Pourtant, des réformes attendues depuis longtemps doivent être entreprises pour remettre l'Allemagne sur la bonne voie. Celles-ci entraîneront également des restrictions et des réductions des prestations sociales pour les citoyens.
Le chancelier allemand Friedrich Merz avait annoncé un "automne de réformes" après son entrée en fonction en mai 2025. Mais ce plan n'a pas été mis en œuvre. L'inaction prolongée et la stagnation politique commencent à peser lourd. 84 % des citoyens – le pourcentage le plus élevé depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition – se disent insatisfaits de l'action du gouvernement.
Un coup d'œil aux préférences politiques montre que le gouvernement ne parvient plus à convaincre, même parmi ses propres électeurs. C'est ce qui ressort du dernier sondage de la chaîne publique ARD. L'institut de sondage infratest dimap a interrogé de manière représentative 1 316 Allemands en âge de voter au cours des deux derniers jours du mois de mars.
Friedrich Merz et Lars Klingbeil en forte baisse
La chute de popularité de la coalition se répercute également sur le plan personnel. Le chancelier Friedrich Merz (CDU ; 21 % d'opinions favorables ; -8) et le vice-chancelier Lars Klingbeil (SPD ; 18 % d'opinions favorables ; -15) perdent nettement en crédibilité. Tous deux n'enregistrent plus que leur plus faible taux de popularité depuis leur entrée en fonction.
Ce mécontentement se reflète également dans les taux de popularité des partis. Si des élections fédérales avaient lieu aujourd’hui, la CDU/CSU et le SPD seraient loin d’obtenir la majorité.
La guerre en Iran réduit à néant tout espoir de reprise
Le gouvernement doit désormais agir. L'économie est une source de préoccupation majeure. Trois années de récession et une année de stagnation ont laissé des traces. L'industrie se contracte et délocalise sa production et ses emplois. Les rares signes d'amélioration ont été anéantis par la guerre au Moyen-Orient. Si les prix de l'énergie restent élevés ou augmentent encore, l'inflation menace à nouveau.
Au total, 70 % des citoyens ne croient pas que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour améliorer la situation économique.
Il est prévu de mettre en place une combinaison d'allègements fiscaux, de baisses des prix de l'énergie, de mesures d'incitation à l'investissement et de réduction des formalités administratives afin de stabiliser à court terme la place économique allemande et de la rendre plus compétitive à long terme. En complément, d'autres allègements pour les consommateurs sont annoncés après Pâques 2026.
Les riches devraient payer plus d'impôts
Pour combler les déficits budgétaires et, surtout, inciter les femmes à travailler davantage, la suppression des avantages fiscaux existants pour les futurs mariés, à savoir l'imposition conjointe des couples mariés, est à l'étude. 54 % des citoyens s'y opposent, tandis que seulement 32 % y sont favorables. Une augmentation générale de la taxe sur la valeur ajoutée est rejetée par 91 % des personnes interrogées. La pression fiscale et les cotisations sociales sont déjà jugées trop élevées.
Au total, 66 % des personnes interrogées estiment que leur charge fiscale est trop élevée, tandis que 28 % la jugent appropriée. 76 % des personnes interrogées seraient favorables à des allègements fiscaux pour les tranches de revenus faibles et moyennes, accompagnés d'une augmentation de l'impôt sur le revenu pour les revenus élevés.
74 % des citoyens interrogés dans le cadre du sondage "Deutschlandtrend" de l'ARD ne croient pas que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour assurer la pérennité des systèmes sociaux. Trois commissions d'experts ont été mises en place pour élaborer des propositions de réforme. Alors que les travaux se poursuivent sur les thèmes des retraites et des soins de longue durée, la commission chargée de la santé a présenté ses conclusions fin mars.
Parmi les propositions visant à alléger la charge qui pèse sur l'assurance maladie obligatoire, l'augmentation des taxes sur l'alcool, le tabac et les boissons gazeuses recueille un large soutien auprès des citoyens (72 % contre 24 %). En revanche, l'augmentation des tickets modérateurs pour les médicaments et les traitements est tout aussi clairement rejetée (20 contre 76), tout comme la suppression de la couverture gratuite des conjoints (26 contre 64) ou la limitation des remboursements aux médecins libéraux et aux hôpitaux (23 contre 63).