Soudan : le Kordofan en passe de devenir comme le Darfour
10 décembre 2025
"Je suis extrêmement inquiet : ce qui va se passer au Kordofan risque d’être la répétition des atrocités qui ont été commises à El-Fasher”. Ces propos alarmants sont ceux du Haut-Commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies. Volker Türk appelle la communauté internationale à "ne pas rester les bras croisés" face à la guerre au Soudan.
Depuis avril 2023, ce conflit a fait des millions de déplacés et des centaines de milliers de morts.
"Le Soudan est le théâtre d’une urgence humanitaire d’une ampleur effroyable", d'après Tom Fletcher, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations unies, qui coordonne les secours d’urgence.
13 millions de personnes déplacées
Selon l’Onu, la guerre au Soudan a déplacé près de 13 millions de personnes, dont plus de quatre millions de réfugiés dans les pays voisins.
Depuis, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont pris le contrôle de la ville d’El-Fasher, la capitale régionale du Darfour. Les atrocités commises dans les combats dépassent l’entendement.
Et les Nations unies s’inquiètent, donc, de voir se répéter dans la région pétrolière du Kordofan le même scénario qu’au Darfour. Depuis la prise de la ville de Bara, fin octobre, par les FSR, l’Onu a recensé "au moins 269 morts parmi les civils, victimes de frappes aériennes, de tirs d’artillerie et d’exécutions sommaires".
L'urgence dans le Kordofan
Il y a moins d’une semaine, "au moins trois frappes de drones" ont tué plusieurs "dizaines d’enfants et d’autres personnes", dans la ville de Kalogi, dans le Sud-Kordofan, selon le porte-parole de l’Onu, Stéphane Dujarric.
Au 1er septembre, déjà, entre 70 % et 80 % des hôpitaux soudanais n’étaient plus fonctionnels et 17 millions d’enfants ne pouvaient plus aller à l’école.
Au Kordofan, les belligérants empêchent l’aide humanitaire d’accéder aux personnes, y compris dans les zones de famine.
Des organisations comme l’Unicef continuent pourtant de venir en aide aux populations, en leur fournissant de l’eau potable, ou en circulant avec des cliniques mobiles. Des services de santé et de nutrition sont aussi mis en place pour répondre aux urgences liées aux épidémies.