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Starlink et la protection des données personnelles

Mahamadou Saley
12 février 2026

Starlink, le réseau internet satellitaire, créé par Elon Musk, fonctionne en Afrique mais, la protection des données personnelles est un défi majeur.

Logo | Starlink : Le logo du fournisseur d'accès Internet Starlink est visible au Mobile World Congress 2025
Starlink, le réseau internet satellitaire, fonctionne en parallèle de l’internet classique.Image : Davide Bonaldo/ZUMA Press Wire/IMAGO

Depuis 2023, Starlink s’est progressivement installé dans le quotidien de plusieurs pays africains. Le Niger, le Mali, ou encore la République démocratique du Congo, expérimentent aujourd’hui cette technologie, après l’obtention de licences officielles pour son exploitation. 

Si cette présence est appréciée par les habitants, notamment pour la qualité et la rapidité de la connexion, elle suscite aussi des inquiétudes du côté des gouvernants.  

Depuis six mois, Faride Boureyma, un jeune nigérien, vit une expérience qu’il qualifie d’extraordinaire avec sa connexion Starlink. Il observe, avec fascination, une connexion rapide et fluide.  

Mais chaque fois qu’il se connecte, une question le préoccupe : que deviennent ses données de recherche ? Une interrogation à laquelle il ne trouve pas de réponse, ce qui l’inquiète fortement. 

"Je suis très prudent, bien qu’on sache qu’on n’est jamais assez prudent s’agissant du numérique. Il y a toujours des traces qu’on laisse qui traînent sur internet et franchement, ça fait peur si quelqu’un tombe sur ces données-là" s'inquiète le jeune homme qui dit toutefois savoir que "Starlink collecte toutes ces données dans ses centres de bases des données de recherche et là, c’est vraiment un réel danger".

Mais se demamde-t-il "comment faire, vu que nous n’avons pas de structure locale, ici au Niger, qui permette que nos données soient stockées localement ? ” 

Risques de piratage

Non loin du Niger, au Mali, la question de la protection des données personnelles, via la connexion Starlink, constitue également une préoccupation majeure, selon Gérard Tchibozo, expert en informatique. 

Pour lui, la protection des données dépend essentiellement du niveau de sécurité du réseau Starlink. La principale crainte reste donc un éventuel piratage. 

Il explique que : “Tous les clients qui vont acheter de la connectivité avec Starlink auront leurs données stockées sur les serveurs de Starlink. Par conséquent, le jour ou Starlink se fera hacker, toutes ces données vont se retrouver sur le dark web qui est l’espace où se retrouve tous les hackeurs du monde. Il y a des groupes spécifiques où on vend les données des clients dans le dark web. Ça peut être des sociétés, des entreprises qui ont payé la connectivité, des données personnelles des assurances, des banques, de certaines sociétés secrètes, des milices, des terroristes, de tout ce que tu veux... Donc si ces données sont mises en vente, quelqu’un qui a accès à ces groupes-là va pouvoir acheter ces informations et les utiliser. C’est ce qu’on appelle globalement la fuite des données.” 

Plusieurs pays, comme la République démocratique du Congo, après des hésitations liées notamment aux risques sécuritaires et à une possible utilisation par des groupes armés, ont finalement accordé, en 2025, une licence officielle à Starlink.  

Ecoutez les précisions de Mahamadou Saley

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L’entreprise reste toutefois tenue de se conformer au cadre réglementaire congolais, notamment aux dispositions du Code du numérique, promulgué en 2023, qui encadre la protection des données personnelles. 

Les données sensibles

Pour Gérard Tchibozo, ces mesures sont pleinement justifiées, car les fuites peuvent aussi concerner ce que l’on appelle les données sensibles. 

"Une information sensible, c’est quoi ? Tu vas voir le nom, le prénom, la date de naissance, le numéro de sécurité sociale, le numéro de passeport, le numéro du permis de conduire. Ces informations sensibles peuvent permettre de reconnaître ou de retrouver une personne" explique Gérard Tchibozo.

Il souligne également que plusieurs pays ne disposent pas encore d’infrastructures techniques adaptées pour contrôler efficacement Starlink.  

Certes, des lois sur la protection des données personnelles existent et définissent la nature des données sensibles, les sanctions en cas de diffusion ou de vente illégale, ainsi que les obligations de protection. Mais la question de leur application concrète face à des technologies transnationales comme Starlink reste entière. 

Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi
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