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HistoireAfrique

Symposium sur les 140 ans du partage de l'Afrique

25 février 2025

Du 29 au 30 janvier dernier, le symposium sur le partage de l’Afrique s’est tenu à Berlin. En seconde partie, Bantunani nous parle de sa chanson Telema qui signifie en lingala “ Lève-toi”.

La conférence de Berlin (1884-1885)
Les puissances coloniales avaient décidé de se partager l'Afrique sans les africainsImage : akg-images/picture-alliance

Nous sommes dans la Wilhelmstraße 72, à Berlin, sous une fine pluie. Une centaine de visiteurs africains et européens sont répartis en trois groupes sur les traces des endroits où le partage de l’Afrique a eu lieu entre 1884 et 1885 sous le chancelier allemand Bismarck. Le groupe francophone est guidé par Oumar Diallo, diplômé en sociologie et fondateur de la Maison de l’Afrique (Afrika Haus) à Berlin.

Il explique aux visiteurs, comment les puissances coloniales réunies autour de la table à Berlin se sont accordées sur les modalités de partage de l’Afrique.

"Le partage de l'Afrique sans les Africains" (Reportage à Berlin)

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"Nous sommes dans un lieu très important pour l'histoire de l'Afrique, pour l'histoire de l'humanité, pour l'histoire de la compréhension entre les différents peuples…. C'est là où il y a eu le fameux partage de l’Afrique. C’est ici que les puissances coloniales se sont mises d'accord à ce qui est convenu d'appeler le partage de l'Afrique et tout. Ici, c'était le siège de la chancellerie."

Aminata Diallo est née à Berlin, elle fait partie des jeunes qui veulent tout savoir sur ce passé colonial de l’Afrique.

"Ça m'apprend beaucoup sur notre histoire. En tant qu'une fille noire qui est née et a grandi en Allemagne, il y a souvent quelques repères qui nous manquent. Et à travers des parcours pareils, on apprend beaucoup de choses. Parce que lorsqu'on est petite, , on ne connaît pas l'histoire de l’Afrique, on apprend surtout l'histoire allemande."

Nadjai vient du Togo, il appréhende les conséquences du morcellement de l’Afrique, on peut citer le tracé des frontières arbitraires et l'exploitation inestimables des ressources du continent.

Comment les jeunes Africains abordent-ils le partage de l'Afrique à Berlin?

02:57

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"On  mesure le sort de nos pays et de nos terres qui a été scellé par des gens. Si loin et qui ne connaissent pas les réalités profondes de nos pays.Et on voit comment les traces ont déjà disparu chez ceux qui ont partagé nos pays alors que chez nous, les stigmates  sont encore très vivantes."

La diaspora africaine essaie d’entretenir la mémoire, à l’image des plaques commémoratives comme celle de Martin Dibobe, le premier africain conducteur de train à  Berlin et le premier noir a réclamer, dès 1919,  dans une pétition « l'indépendance et l'égalité des droits des personnes vivant en Allemagne et des populations dans les colonies allemandes ».

Marie Roger Biloa fait partie des journalistes africains invités au symposium sur les 140 ans du partage de l’Afrique à Berlin

"J'apprends le rôle joué par un jeune camerounais et qui a bravé ce parcours de mort pour devenir serrurier, suivre des formations et surtout lancer une pétition avec d'autres africains représentants d'autres colonies pour demander la fin des discriminations raciales et la valorisation de la dignité des Noirs qui se trouvaient en Allemagne, c'est absolument stupéfiant. J'apprends aussi, et ça, c'est un des points qui me rend très fier, c'est que les panneaux que nous voyons ici,  ceux qui ont fait ça, ce sont des Africains."

Interview avec Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo

10:31

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Un travail de mémoire qui doit se poursuivre par la mise en place des leviers éducatifs qui facilitent le partage de la mémoire coloniale à la jeune génération, insiste Me Cheik Sacko, ancien ministre guinéen de la justice.

"Pour qu’en Allemagne, on puisse enseigner aux jeunes gens ce qui s'est passé en 1884, voire après,  puisque évidemment il y a la coopération entre l'Allemagne et les différents pays d'Afrique. C'est important de maîtriser le passé, de connaître le passé pour pouvoir se projeter dans le futur.  Concernant les pays d'Afrique, c'est important aussi que la jeunesse soit imprégnée du passé."

Près d'un siècle et demi après le partage de l’Afrique, aujourd'hui, encore, les frontières héritées de la colonisation ont des conséquences qui fragilisent l’idéal panafricaniste.

"Il faut pas non plus être naïf, il faut voir les choses en face. Il faut reconnaître que cet africanisme est assez bancal sur le continent. En tout cas il y a 2 exemples qui sautent aux yeux. Le premier exemple, c'est ce qui se passe au Sahel avec le détachement la Cédéao de trois 3 pays que sont le Mali,  le Burkina et le Niger. Le deuxième exemple, c'est l'Afrique de l'Est et des Grands Lacs avec le conflit armé entre la RDC et le M23 soutenu par le Rwanda. L’une des conséquences de la conférence de Berlin, ce sont les frontières entre différents États colonisés. Et compte tenu de l'histoire, on peut pas effacer d'un trait le passé des États, en tout cas le passé colonial des États. Donc, pour ma part, je prône pour le respect de ses frontières, de ce principe international de droit et qui dit que il faut le respect absolu de ses frontières héritées de la colonisation."

La Conférence de Berlin également appelée Conférence du Congo a débouché sur un accord formel qui autorisait toute armée européenne capable de contrôler militairement un territoire de le  revendiquer.

Image : BlackNinja Publishing

Coup de projecteur avec Bantunani et Telema

C'est une chanson particulièrement inspirante de la situation que traverse l'est de la RDC où le conflit entre l'armée congolaise et le M23 appuyé par ses alliés rwandais a coûté la vie à "plus de 7.000 compatriotes" depuis janvier, pour une part importante des civils,  selon la Première ministre de RDC. Telema avec Bantunani, un titre qui appelle à la paix et l'unité. C'est donc un appel à l'Action et à la resilience. 

Bob Barry Journaliste, présentateur et reporter au programme francophone de la Deutsche Welle@papegent
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