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Guerre au Soudan : des Tchadiens accusés de complicité

19 décembre 2025

Plusieurs hauts responsables tchadiens sont accusés de complicité dans la commission de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre au Soudan.

Le président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno lors d'un déplacement.
Sur la liste de l'association soudanaise Priority Peace Sudan qui a saisi la CPI, figure l'actuel président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno.Image : MOUTA/dpa/picture alliance

Les accusations concernent leur rôle présumé dans les exactions graves commises par les membres des Forces de Soutien Rapide au Soudan. Une accusation portée par l'association soudanaise Priority Peace Sudan qui a saisi la Cour pénale internationale (CPI) à travers un signalement par le biais du cabinet d'avocats français, Bourdon & Associés.

Selon le document de 26 pages déposé par le cabinet au bureau du Procureur de la CPI le 15 décembre dernier, des investigations menées depuis 2023, mettent en lumière la complicité du Tchad dans des crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Des faits commis par les rebelles des Forces de Soutien Rapide au Soudan. Plusieurs haut-responsables tchadiens sont mentionnés pour leur implication dans la réception d'équipements militaires en provenance des Emirats arabes unis, qui ont ensuite été acheminés vers le Soudan, destinés aux rebelles du FSR.

Une liste et l'attente d'investigations

"Dans cette plainte de façon précise, nous avons détaillé la liste des personnes que nous suspectons et parmi ces personnes exactement nous avons l'actuel président Mahamat Idriss Deby Itno, il y a également Ahmed Kogri,  qui est l'ancien chef de l'Agence nationale de la sécurité d'Etat (ANSE), nous avons mentionné également le Chef d'Etat-Major des armées Abakar Abdelkerim Daoud ainsi que le commandant de la Force d'intervention rapide (FIR) Ousman Adam Diky" précise Maître Vincent Bringarth, l'un des signataires du document.

Il dit par ailleurs attendre que "des investigations puissent avoir lieu et à la suite de ces investigations qu'il puisse y avoir des poursuites".

Ecoutez les explications de Blaise Dariustone

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Le Tchad a ratifié le Statut de Rome, fondateur de la Cour pénale internationale, en novembre 2006. Les avocats estiment qu'à ce titre, les responsables tchadiens ciblés peuvent comparaître devant la CPI.

La position du Tchad

Pour l'universitaire et analyste politique Yamingué Betinbaye, le Tchad qui a toujours nié son implication dans le conflit au Soudan devrait plutôt se préparer en conséquence. Le Tchad, assure-t-il, "ne se reconnaît pas dans cette accusation de recevoir et de transmettre des armes, des munitions et du matériel militaire au FSR".

Alors poursuit-il, dans la perspective d'une éventuelle procédure au niveau de la Cour Pénale Internationale "il va falloir que les autorités tchadiennes réunissent de leur côté aussi des pièces qui pourraient les disculper". Ce qui selon l'universitaire ne signifie "peut-être pas immédiatement qu'un dossier sera ouvert au niveau de la Cour Pénale Internationale contre le Tchad sur cette question mais dès lors que l'affaire s'est judiciarisée, le Tchad devrait se préparer en conséquence".

Le conflit au Soudan a poussé en exil au Tchad entre 1 million et 1,5 million de Soudanais.

Ni le ministre de la Justice ni le porte-parole du gouvernement tchadien n'ont répondu à nos demandes d'interview sur la plainte déposée à la CPI. A noter que Priority Peace Sudan, à l'origine de ces accusations, est une association fondée en novembre 2025, dont la mission est de promouvoir la paix, la démocratie et l'Etat de droit au Soudan.

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