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Tchad : le gouvernement interdit les manifestations

2 février 2021

Le gouvernement a interdit les manifestations de l'opposition qui se cherche un candidat consensuel qui affrontera le président Déby à la présidentielle.

Manifestation de l'opposition dans la capitale en 2017
Manifestation de l'opposition dans la capitale en 2017Image : DW/D. Blaise

"Le ministère de la Sécurité publique ne saurait permettre l’organisation de telles manifestations susceptibles d’engendrer des troubles à l’ordre public sur l’ensemble du territoire national".  C’est la raison invoquée par le ministre de la Sécurité publique, Mahamat Tahir Orozi,  pour interdire les manifestations programmées.

L’ancien ministre, Jean-Bernard Padaré, actuel secrétaire général adjoint et porte-parole du Mouvement patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir, invoque aussi les raisons sanitaires liées à la Covid-19.

"Qu’ils essayent de défier la légalité" (Jean-Bernard Padaré)

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"Pourquoi choisissent-ils de marcher au lieu de se réunir dans un endroit clos, comme nous allons le faire pour investir notre candidat ? Nous avons pour notre part décidé de nous réunir dans un endroit protégé et en respectant la distanciation sociale. Cela ne prendra pas trois heures pour investir notre candidat et nous avons diminué le format : moins de 400 personnes", explique-t-il à la DW.

Injustice pour l'opposition

Les arguments développés par Jean-Bernard Padaré ne convainquent pas le président du parti d’opposition "Les transformateurs", Succès Masra, qui maintient tout de même la marche du 6 février 2021.

 Selon lui, "depuis le début de la pandémie, les Tchadiens regardent les images d'un président en déplacement, sans masques et sans gestes barrières à travers le Tchad. Oui, il y avait un forum qui a été organisé ici avec 600 amis de monsieur Déby. Et les autres Tchadiens, réunis autour de l'opposition, voulaient organiser un forum citoyen dans une salle. Qu'est-ce qu'on leur a opposé ? Coronavirus. Voici les deux Tchad qu'ils ont installé sur la base de l'injustice."

Le président Idriss Déby Itno est en tournée dans le Tchad profondImage : Kommunikationsdienst der Präsidentschaft des Tschad

Candidature commune?

Afin d’unir leurs forces pour battre dans les urnes le président Idriss Déby Itno, le 11 avril prochain, plusieurs partis de l’opposition ont mis en place une plate-forme électorale baptisé "Alliance Victoire" qui se cherche un candidat commun. Une stratégie qui ne fait pas peur à Jean-Bernard Padaré.

"Au moins, l'opposition devient responsable. Nous préférons avoir un adversaire en face que d'en avoir 1000. Et je leur dis bravo. Nous sommes prêts à affronter n'importe lequel d'entre eux. Nous connaissons notre force sur le terrain. Nous avons maillé le territoire. Nous sommes partout. Et nous ne sommes pas un parti clanique, ethniciste", dit Jean-Bernard Padaré.

L’idée d’une candidature unique est pourtant critiquée par Succès Masra, qui indique n’avoir pas été associé à la démarche.

"Les Tchadiens connaissent la vérité" (Succès Masra)

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" Ces gens qui iront aux élections dans les conditions actuelles, sans l'inclusion de tout le monde, n'auront pas la capacité demain de défendre les résultats des élections qui seront des élections à mains armées. Chacun est libre de s'organiser", soutient le jeune opposant.

Comme dans la plupart des pays africains, l’opposition tchadienne est minée par des querelles d’ego et des divisions ethniques qui profitent au régime d’Idriss Déby Itno, au pourvoir depuis 30 ans.

 

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