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Tchad : les conditions de détention difficile des opposants

22 juillet 2026

L'état de santé de plusieurs opposants suscite de vives inquiétudes en raison de leurs conditions de détention.

Un homme derrière les barreaux
Les opposants seraient "enfermés dans une cellule commune et dorment à même les planches, avec seulement un tapis pour s'allonger".Image : Ute Grabowsky/picture alliance

Ils sont tous membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), la principale coalition d'opposition du pays. Ils avaient été arrêtés fin avril dernier. Plusieurs voix dénoncent leurs conditions de détention jugées déplorables, pour ces opposants, pour la plupart d'un âge avancé. 

Ces personnalités de l'opposition ont été condamnés le 8 mai 2026 à huit ans de prison ferme. Elles ont été reconnues coupables d'avoir fomenté une insurrection alors qu'ils cherchaient à organiser une marche pacifique. À la veille de leur arrestation, leur regroupement a été dissous par la Cour suprême. Si quatre des condamnés, à savoir Bidi Valentin, Kelou Bombaye, Avocksouma Djona et Bokori Ahmed, ont obtenu une liberté provisoire en raison de la dégradation de leur état de santé et de leur âge avancé, quatre autres, dont les plus virulents, Max Kemkoye et Nassour Koursami, demeurent derrière les barreaux, malgré un état de santé également détérioré.

Des conditions de détention "exécrables"

" Je me suis rendu à la Maison d'Arrêt il y a quelques semaines pour leur rendre visite, et j'ai constaté que leurs conditions de détention sont exécrables" a assuré à la DW Sosthène Mbeurnodji, le coordonnateur du Mouvement citoyen pour la préservation des libertés (MPCPL) .

Selon lui, les opposants "sont enfermés dans une cellule commune et dorment à même les planches, avec seulement un tapis pour s'allonger". Pour Sosthène Mbeurnodji "ces conditions ne sont pas favorables, surtout pour certains d'entre eux qui ont un âge avancé". Il explique que "ce sont des acteurs politiques qui, d'une manière ou d'une autre, ont animé la scène politique, et les voir incarcérés de cette manière n'est pas acceptable".

Sosthène Mbeurnodji "implore donc la clémence des autorités, et notamment du Président de la République, afin qu'ils soient libérés."

Le cas de Succès Masra

Outre ces opposants du GCAP, l'ancien premier ministre Succès Masra condamné à 20 ans de prison en août 2025 pour complicité de meurtre, association de malfaiteurs et diffusion de messages à caractère haineux, raciste et xénophobe voit aussi sa santé se dégrader selon ses proches. Sans oublier plus de 70 autres co accusés condamnés dans la même affaire.Pour le politologue Evariste Ngarlem Toldé, il faut tout simplement libérer tous ces prisonniers.

L'ancien premier ministre Succès Masra a été condamné à 20 ans de prison en août 2025 notamment pour complicité de meurtre.Image : Blaise Dariustone/DW

" Ce sont des prisonniers politiques victimes d'un procès inéquitable, et leur détention porte atteinte aux garanties fondamentales des droits de l'homme" assure-t-il.

"Les conditions de leur détention sont véritablement disproportionnées, tout comme leurs peines d'emprisonnement. La détention de ces leaders politiques polarise aujourd'hui le débat public à travers tout le pays. Pour sortir de cette crise, il est nécessaire que ces prisonniers soient libérés. Dieu seul sait combien ils sont nombreux aujourd'hui dans les geôles. Libérer les prisonniers politiques, c'est répondre au grand défi de notre pays" estime Evariste Ngarlem Toldé.

Ni la ministre de la Justice, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, ni le porte-parole du gouvernement Gassim Cherif contactés par la DW,  n'ont souhaité réagir.

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