1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Les militaires au Niger impuissants face aux djihadistes

23 juillet 2026

Au Niger, trois années de régime miltitaire n'ont pas empêché la situation sécuritaire de se dégrader dans la région de Tillabéry.

Des soldats au garde-à-vous à l'aéroport
Tillabéry est aussi le théâtre d'une rivalité entre groupes djihadistes.Image : Presidency of the Niger Republic

Le Niger est toujours confronté à l'insécurité, trois ans après l'arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani à la suite du coup d'État du 26 juillet 2023. Dans la région de Tillabéry, épicentre des violences dans l'ouest du pays, les attaques djihadistes se multiplient et continuent de faire de nombreuses victimes parmi les militaires et les civils. Face à cette situation, des milliers de personnes ont été contraintes d'abandonner leurs villages, plongeant la région dans une grave crise humanitaire.

"Aujourd'hui, les attaques contre les Forces de Défense et de Sécurité, ainsi que les civils, sont nettement plus fréquentes et plus violentes qu'il y a trois ans", explique cet habitant de Téra, que nous appellerons Maïga pour préserver son anonymat. Il déplore la détérioration de la situation sécuritaire dans son département.

"Avant, même avec l'insécurité, la vie était meilleure, les marchés hebdomadaires fonctionnaient normalement et l'approvisionnement était régulier mais aujourd'hui des villages entiers se sont déplacés, les écoles sont fermées et les morts ne se comptent plus, aujourd'hui l'insécurité s'est considérablement développée et ancrée dans la zone", constate Maïga.

Ecoutez le reportage au Niger...

This browser does not support the audio element.

Tillabéry, épicentre des violences djihadistes

Selon l'organisation Acled, la région de Tillabéry reste l'épicentre des affrontements entre le JNIM et l'État islamique au Sahel. Cette rivalité a provoqué un nombre record de victimes parmi les militaires et les civils.

Près de 1 200 décès y ont été enregistrés en 2025, souligne Heni Nsaibia, chercheur à Acled.

Selon lui, "en général, je dirais que la situation s'est aggravée au Niger, et plus particulièrement dans la région de Tillabéry, dans la mesure où le nombre de décès y est le plus élevé de la région du Sahel central".

Par ailleurs, certaines mesures prises par les autorités militaires, notamment la fermeture des marchés hebdomadaires et les restrictions de circulation dans plusieurs zones sensibles, contribuent à accroître la précarité des populations déjà durement affectées par l'insécurité.

Qui finance le JNIM et le FLA qui ont attaqué le Mali ?

07:06

This browser does not support the video element.

"Avant, je vivais dignement"

Les habitants n'ont souvent d'autre choix que d'abandonner leurs villages pour trouver refuge dans des localités relativement plus sûres, où ils vivent néanmoins dans des conditions extrêmement difficiles.

"Nous sommes dans des abris de fortune à la merci des intempéries, on fait des petits métiers pour survivre", confie une déplacée. Un autre habitant contraint de fuir assure qu'avant, il vivait "dignement" de ses "activités pastorales, mais actuellement c'est très difficile, même l'eau potable c'est un problème".

L'espoir des populations s'amenuise au fil des attaques, malgré les promesses de rétablissement de la sécurité faites par les autorités militaires. La dernière attaque majeure enregistrée dans la région de Tillabéry remonte au 17 juillet dernier. Elle a coûté la vie à 16 militaires.

Passer la section Sur le même thème
Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW