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Au Togo, une arrestation pour viol qui fait réagir

26 août 2025

Si l’arrestation du Secrétaire général du ministère de l’Action sociale et de la Promotion de la Femme pour des faits présumés de viol est saluée, elle provoque aussi une onde de choc.

Togo Skyline Lome
Image : Li Yahui/Xinhua News Agency/picture alliance

L’arrestation du secrétaire général du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme, pour des faits présumés de viol, provoque une onde de choc au Togo.

Les organisations féministes saluent néanmoins la réaction rapide de la ministre de la Promotion de la femme, qui a réaffirmé une politique de tolérance zéro envers la violence faite aux femmes lors d’une réunion d’urgence.

"C'est un fait extrêmement grave. Mais cela démontre encore une fois comment sont traitées les femmes et les filles dans le milieu public, sans respect ni dignité. C'est inadmissible", déplore LAMBONI-KABISSA Issoyotou, présidente de la Grappe des organisations féministes du Togo (GOFT).

Un signal fort pour la mobilisation féministe

Au-delà de la gravité des faits, la fonction du prévenu suscite l’indignation. "Il s'agit du numéro 2 du ministère en charge de la promotion de la femme. En l'absence de la ministre, c’est lui qui doit être le porte-voix des femmes et des filles, soutenir leurs requêtes et porter les politiques publiques en leur faveur", souligne LAMBONI-KABISSA.

Au Togo, les organisations féministes essaient de briser le silence sur les violences sexuelles.Image : AP

Rehanath Touré Mamadou, de l’association Tchowouré, ajoute : "Le cas de ce secrétaire général n'est qu'une partie de l’iceberg." Pour elle, cette arrestation représente néanmoins un signal fort : "Les survivantes doivent savoir qu’elles ne sont plus seules et qu’elles peuvent espérer obtenir justice."

Une affaire qui rappelle le cadre légal

Le juriste Cyrille Komlan rappelle que ce cas n’est pas isolé et cite les dispositions légales : "Le Code pénal togolais condamne à la réclusion criminelle de 5 à 10 ans les auteurs de viols et à une amende de 2 à 10 millions de francs. Si le viol est commis par une personne exerçant une autorité sur la victime, la peine est portée de 10 à 20 ans de réclusion et l’amende de 5 à 20 millions de francs CFA."

Depuis cette affaire, de nombreuses victimes osent désormais parler : "La parole se libère", confirme Rehanath Touré Mamadou. Les militantes restent déterminées à suivre le dossier jusqu’au bout, malgré la présomption d’innocence du prévenu.