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Trêve conclue, mais le Moyen-Orient reste sous tension

Kossivi Tiassou | Avec agences
8 avril 2026

Le cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran soulève autant d’espoirs que de défis : contrôle du détroit d’Ormuz, enrichissement nucléaire et sanctions restent des points de blocage.

Iran, Téhéran 2026 : un partisan du gouvernement chante des slogans lors d’un rassemblement après l’annonce d’un cessez‑le‑feu.
Un partisan du gouvernement iranien chante des slogans lors d’un rassemblement après l’annonce d’un cessez‑le‑feu de deux semaines avec les États‑Unis et Israël à Téhéran, ce 8 avril 2026.Image : Francisco Seco/AP Photo/picture alliance

Washington et Téhéran se sont accordés sur un cessez-le-feu de deux semaines, conclu à peine une heure avant l'expiration de l'ultimatum lancé par Donald Trump, menaçant de détruire la République islamique.

Les deux pays devraient entamer vendredi des pourparlers à Islamabad, au Pakistan, médiateur du conflit au Moyen-Orient.

La trêve selon Washington

Pour le président américain Donald Trump, cette trêve représentait une « victoire totale et complète » pour les États-Unis. Durant les deux prochaines semaines, les attaques américaines contre l'Iran seront suspendues, tandis que Téhéran s'engage à rouvrir temporairement le détroit d'Ormuz, voie stratégique où transite près de 20 % du pétrole mondial.

"L'ouverture totale, immédiate et sécurisée du détroit d'Ormuz" a été confirmée par Donald Trump sur son réseau Truth Social. Selon le président américain, l'accord a été rendu possible après des échanges avec des dirigeants pakistanais, et permettra de "régler parfaitement" la question de l'uranium iranien durant cette période.

Il a rappelé que la justification de la guerre reposait sur l'accusation contre l'Iran d'enrichir de l'uranium pour fabriquer une arme nucléaire, affirmation pourtant contestée par l'Agence internationale de l'énergie atomique et démentie par Téhéran. Contrairement aux plans précédents, cette trêve ne fixe pas de nouvelles exigences sur le programme nucléaire, les missiles ou le soutien aux groupes armés régionaux.

Un bombardier américain B‑1B Lancer de l’US Air Force se tient à l’arrêt sur la base aérienne de la Royal Air Force à Fairford, après l’annonce d’un cessez‑le‑feu de deux semaines dans la guerre contre l’Iran. Grande‑Bretagne, 8 avril 2026.Image : Toby Melville/REUTERS

La position de Téhéran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé que le pays assurerait la sécurité du détroit d'Ormuz. Téhéran a proposé un plan en dix points pour mettre fin au conflit, qualifié de "viable" par Donald Trump.

Ce plan iranien, qui pourrait servir de base aux négociations, prévoit dans sa version persane, notamment le maintien du contrôle iranien sur le détroit, la possibilité de poursuivre l'enrichissement d'uranium, la levée des sanctions et le retrait des forces américaines du Moyen-Orient.

Si certaines de ces mesures sont jugées irréalisables par Washington, elles montrent tout de même la volonté de Téhéran d'engager un dialogue. La version persane de la déclaration, relayée par les médias d'État, inclut les questions sur l'enrichissement d'uranium et la levée des sanctions, points absents de la version anglaise diffusée à l'ONU.

Un cessez-le-feu limité

Israël a soutenu la suspension des attaques américaines contre l'Iran mais a précisé que la trêve ne concernait pas le Liban. Une version vite contestée par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui affirme que la trêve s'applique à toute la région "y compris au Liban".

Depuis le début des hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël le 2 mars, plus de 1 530 personnes ont été tuées lors des frappes israéliennes au Liban, selon le ministère de la Santé libanais.

La fumée s’élève après une explosion dans le quartier Abbasiyeh suite à une frappe israélienne à Tyr au Liban, ce 8 avril 2026.Image : Adnan Abidi/REUTERS

L'armée libanaise a demandé aux populations déplacées de ne pas revenir dans le sud du pays, où les frappes se poursuivent. Plusieurs attaques israéliennes ont été signalées ce mercredi (08.04.2026), tandis que le Hezbollah n'a plus revendiqué d'opérations contre Israël depuis l'entrée en vigueur de la trêve.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a jugé "inacceptable" que les combats se poursuivent au Liban, tandis que le Premier ministre Pedro Sánchez a salué la trêve avec l'Iran comme une "bonne nouvelle", rappelant toutefois que la paix ne saurait être applaudie si la guerre continue ailleurs.

Perspectives et réactions

Le cessez-le-feu est effectif immédiatement, avec l'ouverture de pourparlers à Islamabad vendredi (10.04.2026) pour tenter d'aboutir à un accord définitif.

L'Iran consacrera deux semaines à ces discussions, tandis que la réouverture du détroit d'Ormuz a fait chuter les cours du pétrole, offrant un répit aux marchés énergétiques mondiaux.

Mais plusieurs désaccords persistent, notamment sur l'enrichissement d'uranium et les conditions posées par chaque camp. Des désaccords persistants qui laissent planer des incertitudes sur l'issue des discussions.

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