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Un syndicat réclame justice pour l'étudiant mort à l'UCAD

Mahamadou Saley
16 février 2026

Après la mort d'un étudiant à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le SAES exige que la lumière soit faite sur ce drame, seul moyen d'apaiser la situation.

Un étudiant passe devant l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une pick-up blindé de la police est garé sur le trottoir.
Les étudiants de Dakar dénoncent régulièrement les retards dans les paiements de leurs bourses d'études.Image : Patrick Meinhardt/AFP

Le Syndicat autonome de l'enseignement supérieur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le SAES, a rendu public un communiqué, le 13 février dernier, soit quatre jours après les affrontements entre les forces de l'ordre et les étudiants, qui ont coûté la vie à un jeune étudiant.

À travers cette déclaration, le syndicat exige que la lumière soit faite sur ce drame et que justice soit rendue, seule garantie, selon lui, d'un retour rapide à l'apaisement.

Pour le syndicat, des solutions rapides doivent également être trouvées afin de limiter l'impact de cette crise sur le calendrier académique.

Le bureau du SAES de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a ainsi déploré cette escalade de violences ayant entraîné la mort d'un étudiant, Abdoulaye Bah.

Des dysfonctionnement structurels à l'UCAD

Pour Mamadou Boyan, coordonnateur du syndicat, cette situation dramatique nuit, par ailleurs, au bon déroulement des activités académiques, déjà fragilisées par de multiples difficultés

Selon lui, "depuis plusieurs années, l'université fait face à une situation inédite. Les années académiques se chevauchent. On ne sait pas quand commence une année et quand s'achève l'autre. En plus de cela, nous avons un enseignement au rabais puisque les étudiants, très souvent, ont du mal à terminer les enseignements à cause des grèves publiques suscitées par le personnel enseignant, les étudiants ou les personnels administratifs et techniques. Je pense que tous ces problèmes ne sont rien d'autre que la manifestation des défis structurels et du sous-effectif ambiant."

Ecoutez le reportage...

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Dans ce communiqué, le bureau du SAES a pointé la responsabilité de l'autorité publique dans la situation actuelle au sein de l'université. Dans la foulée, le procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar a, au regard de la gravité des faits, ordonné l'ouverture d'une enquête.

Une annonce accueillie toutefois négativement par le collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal, auquel appartenait l'étudiant décédé. 

Traumatismes majeurs

Le collectif rejette ainsi les premières conclusions du procureur, selon lesquelles il n'y aurait pas eu de violences physiques à l'encontre d'Abdoulaye Bah.

Or, le collectif affirme que les résultats de l'autopsie montrent que l'étudiant décédé aurait subi un traumatisme majeur après avoir été frappé par la police.

Le docteur Hamzatou Diouf, secrétaire général du collectif, demande que "l''enquête soit conduite avec impartialité, que l'on interroge éventuellement des témoins du côté des étudiants, des témoins du côté du personnel qui a évacué la victime à l'hôpital, qu'on interroge également les forces de défense et de sécurité. Il faut que ça soit une enquête impartiale qui va nous montrer la vérité. Une fois que l'enquête sera bouclée, nous allons analyser les résultats de l'enquête et nous verrons si, vraiment, c'est une enquête qui a abouti à une conclusion véridique, ou pas."

En attendant le dénouement de cette tragédie, le souci est de rétablir le calme et le dialogue, mais la décision de l'université de Dakar de suspendre toutes les associations étudiantes a ajouté de la frustration à une situation déjà tendue.

Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi
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