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ConflitsUkraine

Sommet des volontaires : l'Ukraine a le vent dans le dos

Avec agences | Marco Wolter
13 juillet 2026

La coalition des volontaires se réunit en sommet à Paris, alors que l'Ukraine profite d'une nouvelle dynamique diplomatique et sur le terrain de la guerre.

Emmanuel Macron reçoit Volodymyr Zelenksy à l'Hotel des Invalides à Paris.
Emmanuel Macron a salué le "réveil stratégique" des Européens.Image : Tom Nicholson/AFP

La coalition des volontaires, initiée par la France et le Royaume-Uni, réunit quelque 37 pays, essentiellement européens, engagés à soutenir l'Ukraine militairement face à l'invasion russe.

Ce lundi (13.07), une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer, se sont retrouvés dans l'après-midi à Paris, tout comme Ursula von der Leyen et Antonio Consta, les dirigeants de l'exécutif européen, ainsi que Mark Rutte, le chef de l'Otan.

La Russie nargue une coalition d'”illuminés”

Selon la diplomatie française, ce sommet à trois objectifs : l'appui à l'Ukraine, "notamment en matière de défense antiaérienne" face aux bombardements russes, l'augmentation de la "pression" sur Moscou avec de nouvelles sanctions européennes en vue et des "garanties de sécurité" à l'Ukraine pour éviter une nouvelle agression russe en cas d'accord de paix. Sur ce dernier point, des pays de la Coalition seraient notamment prêts à envoyer des soldats en Ukraine pour superviser le respect de la fin de la guerre.

De nombreuses sanctions occidentales visent le secteur pétrolier russe qui permet à Moscou de financer la guerre en Ukraine.Image : Nicolas Landemard/Le Pictorium/MAXPPP/dpa/picture alliance

"Le message que nous envoyons au monde est le suivant : Oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré Emmanuel Macron ce lundi. Le président français a néanmoins réaffirmé que la Coalition n'était pas en guerre et se tenait à une "ligne claire de non belligérance".

La Russie s'est moquée d'une "coalition va-t-en-guerre (...) qui se bercent d'une profonde illusion quant à la possibilité d'infliger une défaite stratégique à notre pays", selon les termes du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Nouvelle dynamique sur le front

Reste que la coalition peut désormais s'appuyer sur une nouvelle dynamique, tant diplomatique que sur le terrain de la guerre.

D'une part, le président Donald Trump, qui n'avait pas hésité à humilier Volodymyr Zelenky dans le Bureau ovale, lui expliquant qu'ils n'avaient "pas les cartes en main” face à la Russie, commence à se montrer plus enclin à soutenir Kiev, comme l'ont laissé penser ses déclarations au sommet du G7 à Evian en juin et à celui de l'Otan la semaine dernière à Ankara. Les Etats-Unis ont notamment annoncé leur accord de principe pour autoriser l'Ukraine à produire sous licence des missiles intercepteurs Patriot, jugés indispensables pour contrer les missiles balistiques russes. 

Sur le terrain, l'Ukraine, malgré les campagnes de bombardements massifs et meurtrières menées par l'armée russe, semble avoir de plus en plus d'atouts dans son jeu.

L'armée ukrainienne mène désormais quasiment tous les jours des frappes sur le sol russe, notamment sur les raffineries et les dépôts de pétrole qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. Elle opère également de multiples frappes en Crimée.

En face, l'armée russe n'avance plus dans le Donbass, et accuse, d'après des évaluations occidentales, un bilan humain quotidien de près d'un millier de morts et de blessés par jour.

La Russie continue à mener des attaques massives, notamment sur les infrastructures civiles en Ukraine.Image : Tatyana Vitusheva/Handout/REUTERS

D'après le commandant en chef de l'armée ukrainienne, Oleksandr Syrsky, les forces russes, qui menaient auparavant des "opérations offensives actives sur 13 axes", n'en poursuivent désormais que sur "six ou sept" au maximum, et subissent de lourdes pertes alors que Kiev poursuit une "stratégie d'épuisement" de l'adversaire.

Quant aux frappes ukrainiennes de longue portée, elles auraient causé plus de 5,3 milliards d'euros de pertes économiques directes et indirectes à Moscou.

Oleksandr Syrsky se garde toutefois de tout excès de confiance, estimant que Kiev est encore "loin d'un tournant dans la guerre".

Sur le terrain, le système de santé ukrainien visé

L'ONG Médecins sans frontières dénonce ce lundi les attaques systématiques de l'armée russe contre les infrastructures de santé en Ukraine. MSF parle d'"une stratégie délibérée” de la Russie "visant à détruire le système de santé” en Ukraine.

"Lorsque des hôpitaux sont frappés à plusieurs reprises, lorsque des ambulances sont ciblées par des drones de précision, lorsque des soignants sont tués alors qu'ils acheminent des médicaments à bord de véhicules clairement identifiés, il ne s'agit pas d'une coïncidence. C'est un schéma récurrent, et tout schéma révèle une intention", estime Robin Meldrum, coordinateur de MSF en Ukraine dans un communiqué”.

Les attaques ukrainiennes créent des pénuries de carburant en Crimée annexée.Image : AP Photo/picture alliance

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), fin 2025, la Russie avait mené plus de 2.800 attaques contre les services de santé depuis le début de la guerre.

Ces attaques sont à même de dissuader les personnes souffrant de maladies chroniques ou ayant besoin d'un traitement non urgent à chercher à se faire soigner.

L'ONG explique que le long de la ligne de front, dans l'est de l'Ukraine, la part des personnes affirmant avoir accès aux soins a été divisé par deux depuis de l'invasion en 2022. 

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