Nouveau round de discussions entre Washington et Téhéran
26 février 2026
Ces pourparlers indirects en Suisse vise à sortir du flou actuel "ni guerre ni paix", selon les mots du président iranien. Washington veut arracher un accord garantissant notamment que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire.Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue, mais aussi prête à l'action militaire.
Des discussions dans un contexte tendu
Le 19 février, le président américain Donald Trump avait lancé un ultimatum de "dix à 15 jours" pour décider si un accord avec Téhéran était possible, ou s'il allait recourir à la force. A la veille de la reprise des pourparlers à Genève, le vice-président américain JD Vance a conseillé à l'Iran de "prendre au sérieux" les menaces des États-Unis.
Entamé dans la matinée, ce jeudi, les discussions étaient intenses, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, qui a précisé que les échanges ont été marqués par des "propositions concrètes".
Washington souhaite un accord qui pourrait empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. Mais Téhéran met en avant son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Outre le nucléaire, la question du programme balistique iranien divise également Washington et Téhéran. Mais la diplomatie iranienne a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu à Genève et cela irrite Washington.
Selon le président américain Donald Trump, l'Iran a "développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases militaires" et cherche à en concevoir des plus puissants encore, capables "d'atteindre bientôt les États-Unis".
Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a dénoncé de "gros mensonges".
Quoi qu'il en soit, selon une source proche des négociations et la télévision d'État iranienne, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, participe lui aussi à ces nouvelles discussions entre l'Iran et les États-Unis à Genève.
Une participation pour jouer de fait "le rôle d'observateur technique susceptible de contribuer à faire progresser les discussions avec plus de précision et de sérieux".
L'espoir d'un accord
Malgré les divergences, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, chef de la délégation iranienne, veut croire un accord "à portée de main".
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi ,a salué le fait que les négociateurs fassent "preuve d'une ouverture sans précédent à des idées et solutions nouvelles et créatives".
Il a fait cette déclaration après avoir rencontré l'équipe américaine, représentée par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner.
Avant ces pourparlers à Genève, les États-Unis et l'Iran avaient repris le dialogue, début février, à Oman, puis se sont retrouvés une première fois en Suisse. Un précédent cycle de négociations avait été interrompu au printemps 2025 par l'attaque déclenchée par Israël contre l'Iran, à laquelle Washington s'était joint pour frapper des sites nucléaires iraniens.
De nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang en janvier d'un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir "en aide" au peuple iranien.
Washington compte actuellement 13 navires de guerre au Moyen-Orient. Il a déployé deux porte-avions, dont le Gerald Ford, le plus grand au monde.