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Kinshasa veut plus de contrôle sur les réseaux sociaux

Emmanuel Kuzamba
9 mars 2026

Alors que le contexte sécuritaire est tendu dans l'est du pays, les autorités congolaises estiment qu'il est urgent d'encadrer l'usage des plateformes, pour préserver la cohésion nationale.

Applications de différents réseaux sociaux sur l'écran d'un smartphone
La vulgarisation du code du numérique, une partie seulement de la solutionImage : Yui Mok/dpa/picture alliance

Lors du Conseil des ministres du 27 février dernier, le président de la République avait appelé à intensifier la vulgarisation du code du numérique. Quelques jours plus tard, le ministre de la Justice va plus loin : dans un communiqué publié le 3 mars derniers, Guillaume Ngefa ordonne la traque judiciaire des infractions numériques.

Dans cette directive, le ministre Guillaume Ngefa rappelle que le cyberespace congolais n'est pas une zone de non-droit. Il souligne que toute personne qui se rend coupable de diffamation, de propagation de fausses informations, de harcèlement, de menaces, d'injures, ou d'incitation à la haine sur les réseaux sociaux, s'expose à des poursuites judiciaires, que ce soit en RDC ou à l'étranger.

Le défi n'est-il pas ailleurs ? 

Une décision qui semble toutefois insuffisante, car le principal enjeu est dans l'éducation, affirme Christie Lukusa, étudiante en droit : 

"Les poursuites judiciaires peuvent dissuader certaines personnes. Toutefois, la répression, seule, ne suffit pas. Je pense qu'il faut intégrer l'éducation numérique à l'école, l'esprit critique, la vérification des sources, la responsabilité pénale. On peut organiser des séances d'information simple dans les églises, les universités, et même dans les quartiers. Et expliquer les risques juridiques liés aux publications en ligne."

"La répression, seule, ne suffit pas" (Christie Lukusa)

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L'éducation au numérique, la vraie priorité

Dans un contexte où les pratiques numériques façonnent les opinions, l'éducation au numérique apparaît donc comme une urgence pour protéger les citoyens, mais également pour renforcer la paix et la stabilité sociale. Elias Bweta est assistant à la faculté des lettres et sciences humaines à l'Université de Kinshasa :

"Pour que les comportements changent, il faut coupler la vulgarisation juridique, il faut apprendre aux Congolais l'éthique numérique, l'hygiène informatique et la vérification des sources. Parce qu'aujourd'hui, si le code du numérique est la base, je dirais que l'éducation et les infrastructures sont le moteur. Dans l'est de la RDC, aujourd'hui, les réseaux sociaux ne sont plus de simples outils de communication, ils sont une extension du conflit." 

Les autorités doivent montrer l'exemple

Par ailleurs, pour Jessé Busomoke, chercheur en communication, le gouvernement devrait commencer par améliorer sa propre communication sur les réseaux sociaux. 

"Quand on parle de la question du numérique, il faut que le gouvernement donne l'exemple en essayant de fédérer sa communication numérique pour qu'elle soit fluide et qu'elle puisse servir d'exemple pour les organisations de la société civile et dans d'autres espaces. Le danger est plus réel aujourd'hui parce que nous vivons une crise à la fois sécuritaire et politique." 

Dans son communiqué, le ministre congolais de la Justice a invité les magistrats à s'assurer que les actions judiciaires respectent les droits fondamentaux, tout en veillant à ce que les sanctions soient proportionnées aux faits.  

 

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