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RDC : journée ville-morte à Uvira pour réclamer la paix

5 août 2026

La société civile d’Uvira réclame plus de protection pour les civils et des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre.

Une rue déserte à Uvira.
Uvira a tourné au ralenti ce mercredi. (Photo d'illustration)Image : AFP

En République Démocratique du Congo, la société civile d'Uvira réclame davantage de sécurité, la protection des civils et des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre dans l'Est de la RDC. Elle avait lancé ce mercredi un appel à une journée ville-morte pour dénoncer la progression de l'AFC/M23 dans la province du Sud-Kivu

Par cette manifestation silencieuse, la société civile d'Uvira a ainsi cherché à alerter les autorités nationales congolaises sur la progression rapide des rebelles dans plusieurs villages des hauts plateaux d'Uvira et de Fizi, malgré la présence importante de troupes congolaises et burundaises ainsi que de combattants Wazalendo dans la zone. Fikiri Masimango, coordinateur de la "Nouvelle société civile congolaise” dans le territoire d'Uvira, explique que l'on assiste "à une avancée de l'armée rwandaise et du M23 dans la partie des moyens plateaux d'Uvira sans être inquiétée. Ils ont pris des localités stratégiques dans cette contrée. Le gouvernement congolais doit doter les FARDC et les Wazalendo d'équipements modernes pour la défense nationale. Notre deuxième objectif est de dénoncer le silence et l'hypocrisie de la communauté internationale face à l'agression rwandaise malgré plusieurs accords (de paix) signés”.

Ville fantôme

Pour les habitants d'Uvira, la question de la sécurité revêt une importance particulière en raison de la prise d'Uvira par l'AFC/M23 par le passé, qui avait provoqué des déplacements massifs de population, et des violations des droits humains selon plusieurs rapports, avant que les rebelles de se retirent de la ville en janvier dernier. 

La prise d'Uvira par les rebelles avait provoqué un déplacement massif de la population. (Photo d'illustration)Image : Zanem Nety Zaidi/Xinhua/picture alliance

Voilà pourquoi l'appel de la société civile a été suivi dès les premières heures de la journée ; diverses activités ont tourné au ralenti, comme le raconte Busimé, une habitante d'Uvira. "Depuis notre réveil, dit-elle, on ne voit ni tricycle, ni voitures, ni motos, ni vélos. Même les magasins sont fermés. Aucun travailleur n'a quitté son domicile, pas même les vendeurs à la sauvette. Nous attendons maintenant que le gouvernement réagisse”.

Accusations de pillages et d'exactions

Cette mobilisation intervient alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour parvenir à un cessez-le-feu durable dans l'est de la RDC. Pour le professeur Jean-Jacques Purusi, gouverneur du Sud-Kivu, "le président Félix Tshisekedi continue à déployer des efforts dans tous les sens sur le plan militaire, sur le plan politique et sur le plan diplomatique. Et comme vous le savez, il a annoncé un dialogue inclusif pour ensemble discuter de la manière dont nous allons terminer cette guerre.'”

En début de semaine, l'armée congolaise a accusé les rebelles de pillages et d'exactions contre les civils dans plusieurs villages proches de l'aéroport de Kavumu et du parc national de Kahuzi Biega.

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