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Uvira ne serait pas tombée aux mains du M23

10 décembre 2025

D'après les démentis du gouverneur du Sud-Kivu, l'AFC/M23 n'occuperait pas toute la ville d'Uvira. Mais la situation est confuse et les civils fuient.

Uvira 2025 | Une femme avec un paquet sur la tête et un bébé dans le dos regarde une longue route avec quelques piétons dans le lointain (photo du 9 décembre 2025)
Des combats intenses ont eu lieu mardi à UviraImage : AFP

En République Démocratique du Congo, la situation est restée confuse, cette nuit, à Uvira où les rebelles de l’AFC/M23 souhaitent prendre l'avantage sur de cette deuxième grande ville du Sud-Kivu qui était jusqu'ici la capitale provisoire de la province du Sud-Kivu après la prise de Bukavu en février dernier.

Des sources locales affirment que des tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers jusqu’à 23h. Elles rapportent aussi des scènes des pillages par des hommes en armes restés dans la ville après le départ des militaires congolais et burundais, des combattants Wazalendo, des policiers et des officiels vers le sud de la ville. D’autres encore se sont dirigés vers la frontière burundaise.

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Difficile de dire pour l’instant quelle force contrôle la ville d’Uvira car l’AFC/M23 n’a pas encore confirmé sa prise malgré les agitations de certains de ses membres sur les réseaux sociaux depuis mardi soir.

Byamungu Shamamba Paul, le coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise d’Uvira, appelle les belligérants à préserver la vie des civils. "C'est vrai que la population civile est restée chez elle cette nuit, déclare-t-il à la DW, mais il faut souligner que depuis la journée [d'hier] certains ont traversé la frontière pour aller s'installer à Bujumbura [au Burundi]. Surtout qu'on a entendu des détonations, des bombes qui sortaient de chaque côté. Les activités commerciales [n'ont pas pu se tenir normalement]. La peur a gagné la population qui craint l'arrivée prompte de l'AFC/M23. La population est encore calme mais cela est en train de basculer. Nous appelons les autorités à restaurer l'ordre et que la sécurité soit établie."

Les civils congolais fuient les combats du Sud-Kivu pour trouver refuge dans les pays voisins comme le Rwanda ou le BurundiImage : Zanem Nety Zaidi/Xinhua/picture alliance

La situation humanitaire se détériore rapidement

Les affrontements survenus à Luvungi, Sange, Kiliba et dans les environs ont fait de nombreuses victimes, et les structures sanitaires peinent à faire face à l’afflux massif de blessés. Cette crise survient alors même que les infirmiers sont en grève sèche depuis plus d’un mois, réclamant le paiement de leurs arriérés de salaire.

Malgré leur volonté affichée de servir en pleine urgence, le manque de personnel soignant reste criant dans cette ville frontalière. C'est ce dont témoigne le docteur Mapigano Yumbi Moïse, médecin syndicaliste : "Le personnel soignant manque car il y a beaucoup de blessés à l'hôpital. Il faut voir comment suspendre la grève en attendant que la situation s'améliore. Nous avons le souci d'être aux côtés de nos malades mais nos droits sont bafoués, c'est  pourquoi nous avons décidé de la grève. Mais nous ne voulons pas mettre en danger les soins de notre communauté."

Appel du Groupe de contact

 Le Groupe de contact pour la région des Grands Lacs (ICG), présidé par l'Allemagne, exhorte "le M23 et les Forces de défense rwandaises (FDR) à cesser immédiatement leurs opérations offensives dans l'est de la RDC, en particulier dans le Sud-Kivu, et appelle les FDR à se retirer de l'est de la RDC". Le groupe dénonce "une escalade significative des combats qui fait peser un risque grave sur les populations civiles", et souligne "le risque de déstabiliser toute la région".
Le groupe de contact se dit "particulièrement préoccupé par l'utilisation accrue de drones d'attaque et de drones suicide dans le conflit".

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