Retour au calme après "le départ" du général Gasita d'Uvira
10 septembre 2025
En République démocratique du Congo, après une semaine de tensions, certaines activités ont repris, bien que timidement, dans la ville d'Uvira, après le départ supposé du général Olivier Gasita, commandant adjoint chargé des opérations et renseignements de la 33e région militaire, dans l'est de la RDC.
Cet officier, issu de la communauté tutsi congolaise des banyamulenge, a été accusé, sans preuves, d'être un agent double au service de la rébellion de l'AFC-M23.
Le lundi 8 septembre, des manifestations pour exiger son départ ont fait au moins quatre morts selon la société civile, un mort et neuf blessés selon l'armée. Pour l'instant, le calme revient petit à petit dans la ville.
Comme un soulagement
L'annonce du départ du général Olivier Gasita a été faite à travers des messages anonymes, publiés sur les réseaux sociaux, le mardi 9 septembre vers midi.
Depuis lors, la circulation a repris, les petits marchés, les magasins et quelques bureaux ont rouvert leurs portes. Certains habitants d'Uvira expriment leur satisfaction, d'autres s'indignent, car les écoles sont restées fermées.
"Nous avons vu le changement, les activités recommencent " assure ainsi un habitant d'Uvira. Pour un autre "ce qui constituait une menace pour Uvira est parti".
Un résident assure à la DW ne pas chercher à savoir "comment est-ce qu'il est parti, mais nous retenons que la démocratie s'est exprimée et a obtenu gain de cause". Selon un autre habitant "la situation est redevenue normale".
"On n'a pas encore envoyé les enfants à l'école à cause de l'insécurité, ici, à Uvira" précise toutefois un résident qui déplore le fait que les enfants ont fait "sept jours dans le calendrier scolaire sans étudier, alors que les enfants d'autres provinces étudient".
Après le soutien témoigné envers le général Gasita, le week-end dernier, l'armée congolaise n'a rien communiqué pour confirmer, ou démentir, les rumeurs sur son départ.
La crainte d'une "balkanisation"
A travers différents communiqués, les structures de la société civile ont pourtant affirmé que le général Olivier Gasita était parti et elles ont salué la détermination des habitants d'Uvira.
"Je confirme que Gasita n'est plus à Uvira et les informations que Gasita est parti à Kinshasa. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est plus à Uvira et qu'il ne peut plus travailler pour Uvira, il ne peut pas travailler pour Fizi" a assuré Mafikiri Mashimango le coordonnateur de la Nouvelle société civile d'Uvira.
Alors que la deuxième ville du Sud-Kivu vit sous la menace de l'avancée des rebelles de l'AFC-M23, l'évêque du diocèse catholique d'Uvira, Sébastien Muyengo, a lui condamné la répression de la manifestation pacifique du lundi, à Uvira, par l'armée congolaise.
Selon lui "tout le monde craint la balkanisation. Uvira est devenue le dernier verrou de ce que nous connaissons dans ce pays. Nous voulons vivre et nous sommes prêts à nous défendre, mais avec nos prières, nos chants, nos psaumes … Non, nous ne mourrons pas, nous vivrons et Uvira ne tombera pas".
Une délégation de Kinshasa est attendue à Uvira. Elle devrait s'entretenir avec la société civile pour tenter d'apaiser les craintes, notamment sur les questions sécuritaires.