Verdict attendu dans le procès Joseph Kabila en RDC
12 septembre 2025
Le procès a commencé le 25 juillet dernier devant la Haute Cour militaire à Kinshasa, deux mois après le passage de Joseph Kabila à Goma, une zone sous contrôle de l'AFC-M23. Depuis son ouverture, le procès se tient sans le prévenu, dont l'absence a été actée.
Timothée Mbuya, président national de l'organisation Justicia, pense que les chances sont très minimes pour l'ancien président congolais d'être acquitté.
"A voir la manière dont le procès a été conduit, on ne peut pas imaginer un seul instant que Kabila puisse s'en sortir acquitté. Même en regardant bien les choses de plus près, s'il ne lui était pas appliqué la peine maximale telle que demandée par le ministère public, ce serait vraiment un miracle qui relèverait d'une monstruosité juridique", a précisé Mbuya.
Le ministère public avait requis lors de l'audience du 22 août dernier, la peine de mort contre Joseph Kabila. Il avait également demandé notamment, la mise sous séquestre de ses biens et son arrestation immédiate.
"Les Katangais se sentaient persécutés et marginalisés"
Mais pour le Professeur Alphonse Maindo, enseignant des sciences politiques à l'université de Kisangani, une condamnation de l'ancien président aurait un impact négatif sur la vie politique de la RDC.
"Les partisans du condamné se radicaliseraient et pourraient alors rallier ouvertement ou formellement les gens qui ont pris la résolution de prendre les armes. Il y aurait une forte crispation politique. Le Katanga, il faut le redouter déjà, les Katangais se sentaient persécutés et marginalisés. Si cela devait se confirmer, ça accroîtrait le risque d'une révolte à grande échelle là-bas qui pourrait rallier les autres", analyse Maindo.
Parmi les charges qui pèsent contre lui figurent la trahison, la participation à un mouvement insurrectionnel, le complot et l'apologie du terrorisme.
Joseph Kabila, également sénateur à vie, était accusé, depuis plusieurs mois, par les autorités de Kinshasa, d'être le patron de l'AFC-M23. Ce que rejettent ses partisans. Mais sur ordre du ministre de la justice, l'auditorat général avait sollicité et obtenu du Sénat, la levée de ses immunités parlementaires, afin de permettre des poursuites contre lui.
C'est la toute première fois pour un ancien président de la RDC d'être jugé dans le pays. Certains experts pensent que le procès contre Joseph Kabila restera une leçon pour le président Félix Tshisekedi et pour d'autres chefs d'Etat qui viendront après lui.