1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Guinée : des victimes du 28/09 toujours sans indemnités

26 septembre 2025

Le verdict du procès du massacre du 28 septembre 2009 a été rendu il y a un an. Un an après, certaines victimes attendent encore une réparation.

Le stade du 28 septembre à Conakry 10 ans après
Selon l’Onu, au moins 156 manifestants ont été tués, des centaines de personnes blessées et des dizaines de femmes violées dans le stade du 28 septembreImage : Rebecca Blackwell/AP/picture alliance

Une année après le verdict rendu par la justice de Guinée, Souleymane Camara, de l'Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009, estime que la justice n’a pas été totalement rendue.   

 "Nous ne sommes pas satisfaits parce que les réparations des victimes ne sont pas encore définitives. Il avait été annoncé 334 personnes, sur les plus de 700 qui se sont constituées partie civile. Et même sur cette liste de 334, toutes n'ont pas encore reçu réparation."  

Fatoumata Barry fait partie des 109 femmes qui ont été violées au stade du 28 septembre. Elle a reçu réparation pour ce qu’elle a subi, mais elle est en colère contre les autorités guinéennes qui ont accordé une grâce à l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara.  

Cette victime estime que "Dadis Camara ne devrait pas être libéré. Ils ne devraient pas faire ça. Laisser Dadis partir sans que la justice termine son travail".  

Une grâce "floue"

En effet, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui dirigeait la Guinée de 2008 à 2010, a été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à vingt ans de prison.   

Mais alors que le procès est en appel, l’ancien chef de la junte a bénéficié d’une libération par le biais d’un décret présidentiel, en mars 2025, officiellement pour "raisons de santé".   

Dadis Camara a ensuite quitté la Guinée pour le Maroc. Depuis, il n’est toujours pas rentré et la procédure d’appel n’a pas avancé.   

Fabien Offner est chercheur au bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale.   

"Nous pensons qu'il y a eu un deal politique" (Rafiou Sow)

This browser does not support the audio element.

Sur la DW, il explique que "dans le droit international, il est possible d'accorder une grâce pour des raisons de santé, mais celle-ci a été faite dans des conditions particulièrement floues. Jusqu'à présent, une des organisations signataires n'a pas pu mettre la main sur le décret de grâce. Cette grâce est un frein à la procédure d'appel en cours".

Fabien Offner qui lance un appel :  "Nous demandons à Mamady Doumbouya d'annuler évidemment cette grâce, de s'abstenir d'accorder d'autres mesures de clémence, comme justement des grâces à, par exemple, d'autres personnes condamnées dans le procès du massacre du 28 septembre 2009."  

Moussa Dadis Camara pour soutenir Mamady Doumbouya ? 

Les victimes ne sont pas satisfaites de l‘issue du procès et de la grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara Image : picture-alliance/dpa

Si Dadis Camara n’est pas inquiété, c’est parce que le président de la transition, le général Mamady Doumbouya, compterait sur son soutien pour les futures élections, affirme Rafiou Sow, le président du Parti du renouveau et du progrès (PRP), suspendu comme deux autres formations politiques par les militaires au pouvoir.   

"Nous pensons qu'il y a eu un deal politique et donc, il a profité de ça. Nous savons que si le chef de la junte veut se présenter à des élections, il aura besoin du soutien de Dadis Camara qui est issu de la communauté forestière. Nous savons très bien qu'il est très populaire dans sa communauté."  

Pour rappel, les juges ont reconnu Moussa Dadis Camara, Aboubacar Diakité, dit Toumba Diakité, et Moussa Tiégboro Camara, coupables, en vertu du principe de responsabilité du supérieur hiérarchique, de crimes contre l’humanité, de meurtres, enlèvements, violences sexuelles, et tortures. Ils ont condamné Dadis Camara et Moussa Tiégboro à 20 ans de prison et Toumba Diakité à 10 ans d’emprisonnement. 

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW