Volkswagen : encore des réductions drastiques
10 juillet 2026
Bientôt, chez Volkswagen, il n'y aura plus sur le marché que la moitié des modèles actuels et moins de variantes.
Cela s'inscrit dans le plan d'économies que la direction a présenté ce jeudi [09.07.26] au conseil de surveillance du groupe automobile, jadis fleuron de l'industrie allemande.
Oliver Blume, président du directoire de Volkswagen, a ainsi déclaré : « Nous réduisons la complexité, recentrons nos technologies, orientons davantage nos produits, notre développement et notre production vers les marchés régionaux, supprimons les surcapacités, rationalisons notre portefeuille de participations et allégeons notre structure. »
Effondrement du marché chinois
Le groupe VW n'a vendu au deuxième trimestre que 2,08 millions de véhicules, soit 9% de moins qu'à la même époque l'année dernière. Entre janvier et mars, les ventes ont encore baissé de 4%. Principal problème : le marché chinois où les ventes ont baissé d'un tiers cette année.
On ignore encore si cela s'accompagnera de la fermeture de quatre usines en Allemagne– dont celle d'Emden– et de la suppression de 50 000 emplois supplémentaires, comme l'avaient annoncé les médias avant ces déclarations.
Protestation des employés
Jeudi, plusieurs centaines de salariés ont manifesté contre les mesures d'austérité devant le siège social de Volkswagen, à Wolfsburg, en Basse-Saxe, et sur d'autres sites de l'entreprise.
Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise de VW, s'insurge : « Que sommes-nous en train de vivre depuis près de deux mois et demi? Une grande angoisse, une grande inquiétude règnent dans tous les ateliers et tous les bureaux, non seulement ici, à la maison-mère de Wolfsburg, mais surtout sur les sites menacés de fermeture. Ce n'est pas une façon de traiter le personnel. »
Les syndicats, le comité d'entreprise et les salariés estiment que les responsables politiques portent également une part de responsabilité dans la crise que traverse Volkswagen : « Nous avons besoin d'une autre politique douanière, nous devons protéger le secteur automobile allemand », réclame Christiane Benner, présidente de la centrale syndicale d'IG Metall. Les manifestations devraient se poursuivre.
Le ministre de l'Économie de Basse-Saxe réclame lui aussi désormais davantage de clarté quant à l'orientation future de Volkswagen.
Mais la baisse de la demande en Chine fait trembler aussi les autres constructeurs automobiles allemands comme BMW ou Mercedes. Les groupes industriels craignent également que leurs rivaux chinois ne tentent d'inonder les marchés européens pour remédier, eux aussi, à la baisse de la demande intérieure en Chine.